... et au ras des nuages ça se voit mieux.
Descente vers le Bourget au coucher du soleil, de retour d'Angleterre... Il faisait beau, on était bien... Qu'est-ce que je peux aimer mon boulot dans ce moments!!
Loin du talent de la vidéo juste en dessous, mais j'aime bien partager ces moments...
En Aviation d'Affaires on vole relativement peu. Du coup, du moins en ce qui me concerne, chaque départ en rotation devient, au moins un évènement, au mieux une aventure. Ca a un côté sympa d'être toujours content d'aller travailler voler.
Le week-end dernier devait être des plus "classiques". On devait déposer samedi un passager à Genève, se mettre en place à vide à Milan, et ramener un passager au Bourget. Puis dimanche aller chercher une famille à Genève pour les emmener à Londres et revenir à Paris. En somme on faisait de l'aéroclub de luxe par beau temps, y'a des jobs plus difficiles...
Tout ne pouvant pas être toujours parfait, l'étude du dossier météo nous apprend qu'il fait beau partout, mais qu'il y a de la bise à Genève (Ce vent du nord-est qui est refroidi par le Lac Léman et qui occasionne pas mal de turbulence en finale 05). On commence à avoir l'habitude, et ça nous rappellera des souvenirs, à Arnaud et à moi.
Premier couac, en mettant l'avion sous tension on se rend compte que le MCDU de gauche refuse de fonctionner. Appel à la maintenance, consultation de la MEL, on décide de partir en tolérance après le verdict des mécanos: une carte électronique qui a dû griller. Moi je m'en fous, mon MCDU fonctionne, c'est Arnaud qui devra se pencher de mon côté pour utiliser le mien :-)
On décolle donc avec notre charmant VIP à bord (oui jusqu'ici j'ai eu de la chance je n'ai eu que des passagers extrêmement courtois, voire très sympas). Croisière tranquille au coucher du soleil, on blague avec les contrôleurs, et on se félicite par avance que notre passager ait ouvert une très bonne bouteille de vin qu'il ne finira pas. Vivement ce soir!
Arrivée à Genève en piste 05, finalement pas tant de vent que ça. On se pose tranquille et on dépose le client enchanté de son vol. 'faut dire, ça fait quelques fois qu'on le transporte entre Paris et Genève, on commence à savoir ce qu'il apprécie.
Pendant qu'Arnaud s'occupe du protocole, je prépare la mise en place vers Milan. Un saut de puce finalement, nous faisant enjamber les Alpes pour redescendre illico dans la plaine du Pô. On est à vide, je me fais plaisir en pilotant un peu à la main. Ces Falcon's sont de vrais chasseurs, avec une réactivité aux ailerons redoutable! Demandez à notre hôtesse à qui j'ai arraché un cri de surprise en interceptant le localizer 36 de Linate...
Posés pas cassés on se dirige vers le parking Aviation Générale, on prévoit de repartir dans l'heure. Je prépare le départ pendant qu'Arnaud va dans l'aérogare attendre notre passager. Il est 22h... Au bout de 45 minutes, je commence à me dire qu'il va falloir faire quelque chose pour notre plan de vol qui n'est plus valide que pour 15 minutes. J'appelle les ops en rigolant et je retarde le départ d'une demie heure, ce qui nous laisse 45 minutes pour partir (le 1/4 d'heure restant plus 1/2h). Avec l'hôtesse on se dit que ça serait marrant si le passager ne venait pas. Après tout on passerait bien un moment à Milan. Surtout que l'aéroport ferme à 00h15. Mais on a encore de la marge avant de tout bâcher...
Minuit dix... J'appelle Arnaud qui n'en peut plus de poireauter au handling. "On fait quoi?". On appelle le broker qui a vendu le vol, impossible de joindre le client. "Commence à bâcher l'avion j'arrive. Novotel ou Crowne Plaza?". Je sors mettre les caches-pitot pendant que l'hôtesse remballe tout le catering. Ca fait deux heures et demie qu'on glande, on est partagés entre l'énervement et le rire nerveux. Arnaud arrive soûlé passablement énervé, on finit de ranger et on coupe tout. L'APU aura tourné pour rien pendant... Beaucoup trop longtemps... Allez hop, on prend la bouteille de Bordeaux et direction l'hôtel!
Arrivés là bas on se retrouve tous les 3 dans ma chambre pour décompresser. Le St Emilion et les petits fours aident un peu... On fait quoi maintenant? Déjà on va dormir, on a 12 heures de repos minimum à respecter, demain il fera jour!
En me réveillant quelques heures plus tard je découvre un email des ops avec un dossier de vol. Déjà? Pas de visite de Milan cet aprèm? Ben non, pas là! On redécolle à 13h. Ptit déj' avec le captain, on finit par en rire. D'ailleurs à ce propos, vous avez remarqué comme les Italiens font partie des peuples qui mangent le mieux au monde mais n'ont pas la moindre foutue idée de comment servir un petit déjeuner correct? Ca me fait le coup à chaque fois, et c'est de pire en pire. Au secours! Bref...
On enfile nos bleus de travail et on quitte l'hôtel un peu trop précipitamment à notre goût. On serait bien restés, ne serait-ce que pour se venger du petit déj' dans un bon resto en ville.
Rien de particulier au départ. Ha si, notre bien-aimé client se pointe avec 1h30 de retard. C'est mieux que cette nuit me direz vous... Enfin il s'avèrera être également une personne charmante, et se répandra en compliments sur l'équipage et sur le vol.
Finalement tout ça se termine dans notre bar à tapas préféré (La Mangerie, rue de Jarente dans le 4è arrondissement) et on rit de nos "mésaventures". Après tout ça fait partie du boulot...
Dimanche 11:30. Retour au Bourget. Dossier météo, NOTAM's, perfos, carburant, la routine... Comme l'avant veille il fait beau partout, et ça souffle à Genève. On s'en fout on part à vide, c'est le moment de se confronter à la nature de manière plus virile! Un dimanche à l'aéroclub entre copains... C'est en arrivant à Heathrow qu'on se concentrera un peu, on a perdu de notre aisance sur les gros terrains avec des taxiways et des gros avions partout. Heureusement comme à leur habitude les contrôleurs londoniens sont un modèle de professionalisme et nous facilitent naturellement la tâche.
Retour au Bourget à vide, Arnaud me pousse à aller chercher les limites de l'avion. Avec une Vmo à 370 Kts l'arrivée à Paris arrive vite et je pose le Falcon dans la lumière de fin d'après midi. C'est en sortant de l'avion que me revient cette sensation de fin de journée de printemps à l'aéroclub... Le calme sur le terrain quand tous les vols sont rentrés... Ca me manquait...
Putain un an!! Ou presque... Un petit coup d'oeil à mon carnet de vol me dit que mon dernier vol en fonction date du 24 novembre 2010. Un aller retour Genève Nice du matin avec Arnaud (encore lui) qu'on m'avait offert la veille au soir, puisque j'étais de réserve le lendemain matin. Je me doutais que c'était un de mes derniers vols, voire le dernier chez Baboo, ainsi en fût-il.
Quelques semaines plus tard, une rotation de trois jours en Cessna Citation Mustang en tant que safety pilot me laissait un petit goût de trop peu... Et puis plus rien...
Enfin plus rien... Si, bien sûr... Des sélections, des entretiens, des bonnes nouvelles, une entrée en QT, et l'attente du premier vol. Mardi après midi la semaine dernière, ptit coup de fil des ops, décollage demain matin 7h pour Strasbourg. C'est parti!
Que dire... Déjà ça fait OVER du bien! Mais un aller retour Strasbourg depuis Paris, qu'est-ce que vous voulez voir ou comprendre ma bonne dame??! Ce n'est que le lendemain après-midi sur le retour de Prague que je commence à réaliser. Du haut de nos 43000 pieds, un plateau repas VIP sur les genoux (ha oui, l'Aviation d'Affaires ça a quelques avantages, notamment le fait de bien manger même dans l'avion), je déguste mon retour dans les hauteurs de la troposphère. Bin vous savez quoi? Chuis bin content!!!
(Pour ceux qui ne connaissent pas l'excellent "Weather Storm" sur l'album "The Space Between Us" de Craig Armstrong)
Ce soit en rentrant de Larnaca (3:30 à l'aller, 4:15 au retour merci le salopard de jet au dessus de l'Italie) je pensais à Weather Storm lorsqu'on a croisé du côté de Split cette espèce de machin énorme qui faisait des éclairs partout. L'avantage c'est qu'on l'a vu venir, on voyait les éclairs à 150Nm!!
Ca me fait penser, il faut que je vous raconte mes quelques tours d'attente à Bucarest, après qu'on s'est échappés de sous un monstromulus bien joufflu!
Au départ, on se croirait presque en automne. 15°c, des nuages, des prévisions de pluie... Et en plus c'est le week-end!
Il y a ça de bien avec ce boulot, c'est qu'on est presque sûrs de voir le soleil dans la journée. Et là on n'a pas été déçus. Une fois le train rentré, à peine quelques milliers de pieds plus haut...
Arrivée aux Ops, j'explique à Guillaume le captain le petit projet de la journée
10:15 ça commence bien le postage des photos ne fonctionne pas...
Ha si tiens...
10:30 Tout l'équipage est là. 2:15 de vol dans les 2 sens, pas de vent aujourd'hui. De l'onde sur les Alpes, il fait beau
10:50 on part à l'avion, 2 équipages dans le bus c'est le bordel!! :-)
L'avion n'a pas encore volé, on démarre tout
11:30 Les mécanos ont pris possession du cockpit, tit problème sur le MCDU...
12:30 C'est réparé, on embarque, créneau dans 11 minutes ça va être cher...
12:40 exension a 10:45 on se casse. A tout a l'heure!
13:20 on rentre dans l'espace aérien allemand. Emilie la chef de cab' vient de nous appeller pour nous demander ce qu'on veut manger. En attendant on bronze avec une belle vue sur les Alpes, au FL370 et Mach 0.78. On est bien quoi...
14:00 On a terminé de déjeuner, on arrive sur le Balatonsee. Au loin apparaissent quelques CB's bien joufflus.
14:35 On évite les CB's on descend dans 30nm. On se revoit au sol
15:20 on est dans les cales, les passagers débarquent. 1h20 de retard à l'arrivée, ils sortent quand même avec le sourire. 'sont forts nos PNC quand même! Tout le monde se presse autour de l'avion pour nous faire repartir le plus vite possible. Ça nous va, il fait 29 degrés et très lourd. Les CB's ne sont pas là pour rien...
16:10 En montée vers le FL360, les quelques CB de tout a l'heure ont fait des petits. On évite gentiment
16:30 Les cellules disparaissent alors qu'on sort de l'espace aérien Roumain. Devant nous il fait beau, on s'installe confortablement, encore 1:30 de vol
16:50 On retrouve le Balatonsee, au sud cette fois. Dans 20nm on tourne vers Zagreb puis l'Adriatique vers Venise.
15:10 Ptite météo en route grâce a l'ACARS, pour l'instant il fait beau. CAVOK à Venise, 110nm devant.
18:30 Arrivée au stand. Je prépare le vol je reviens
18:40 Le vol est prêt, les passagers embarquent. Désolé pas eu beaucoup de temps dans la descente, on se faisait pas mal brasser. Je suis sur le tarmac histoire de prendre l'air, ça fait du bieeeeeen!
20:30 Toulouse!! C'est le ruuuush! Le temps de rien :-(
21:45 on est posés, enfin. A l'heure en plus mais on s'est battus pour y arriver, d'où le manque de posts. Je vous raconte tout ça un poil plus tard
ÉPILOGUE
22:40 Je suis sur ma terrasse, une bière dans la main. Quelle journée! Des turbulences sans cesse depuis qu'on a passé Venise au retour de Bucarest, pas le temps de souffler aux escales pour rattraper notre retard... Donc ni le temps ni la possibilité d'écrire ici. J'ai néanmoins pu prendre quelques belles photos et une vidéo sympa que j'essaierai de mettre en ligne demain.
Ce n'était vraiment pas la bonne journée pour mon petit projet. Vraiment désolé de ne pas avoir pu fournir plus, je m'organiserai différemment la prochaine fois s'il y en a que ça intéresse toujours.
En attendant, je profite du chant des grillons. Bonne nuit :-)
Il y a des jours comme ça... Aujourd'hui deux aller-retours prévus, Toulouse d'abord, Rome ensuite. Arrivée bien en avance à l'aéroport, Salon de l'Auto oblige (ouf c'est le dernier jour!!), le temps de prendre un café avec le commandant Pascal et de s'extasier sur la météo printanière. Rien sur les cartes météo, rien sur les TAF/METAR, on va enfin pouvoir passer une rotation sans se faire trop secouer.
L'aller retour vers Toulouse est un non-évènement, si ce n'est que Pascal expérimente la descente CDA (Continuous Descent Approach), c'est redoutable. Aucun palier entre le FL350 et le sol, les moteurs restés au ralenti presque tout le long apprécient. Retour à Genève c'est à moi d'avoir droit de jouer, si ce n'est que c'est tout droit puisqu'on se pose en 05. En revanche la vue sur les Alpes enneigées et ensoleillées est splendide.
Arrivée au stand, on repart dans la foulée vers Rome, les Alpes nous attendent et nous faisons route vers la capitale italienne. Peu de monde ce soir, nous sommes relativement libres de notre trajectoire, qu'on arrive donc à lisser pour une descente presque continue. Ca fait plaisir, de rien patron! On se pose alors que le soleil effleure l'horizon. Plaisir des soirées printanières (oui on s'y croit vraiment), couleurs méditerranéennes...
Retour de nuit, je m'essaie à la photo nocturne sans trépied. Oui je sais c'est flou, merci... Mais j'aime bien le résultat...
Un passager a oublié un National Geographic dans l'avion. Chouette j'adore (et d'ailleurs je viens de me rendre compte que je l'ai moi même oublié dans le cockpit. Ca fera plaisir au copain demain matin. Mais quel c$¨£$%!!!!)!
"Close" est peut être un peu exagéré, on avait quand même 1000 pieds d'écart. L'avantage du TCAS c'est qu'on voit arriver les ptits copains... Mais encore faut il avoir un appareil photo à portée de main et pas seulement un téléphone. Imbécile de copi!! (décidément)
Retour de Rome, fin de l'hiver, jusqu'à 120 noeuds (220 km/h) de vent de face, mais un ciel d'un bleu... J'adore...