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mardi 27 juillet 2010

Et Hop!!

Au départ, on se croirait presque en automne. 15°c, des nuages, des prévisions de pluie... Et en plus c'est le week-end!

Il y a ça de bien avec ce boulot, c'est qu'on est presque sûrs de voir le soleil dans la journée. Et là on n'a pas été déçus. Une fois le train rentré, à peine quelques milliers de pieds plus haut...



C'est ce ptit gars là qui émergeait au loin:

mercredi 9 juin 2010

En ligne (Avec les photos maintenant)

Arrivée aux Ops, j'explique à Guillaume le captain le petit projet de la journée

10:15 ça commence bien le postage des photos ne fonctionne pas...



Ha si tiens...



10:30 Tout l'équipage est là. 2:15 de vol dans les 2 sens, pas de vent aujourd'hui. De l'onde sur les Alpes, il fait beau

10:50 on part à l'avion, 2 équipages dans le bus c'est le bordel!! :-)



L'avion n'a pas encore volé, on démarre tout



11:30 Les mécanos ont pris possession du cockpit, tit problème sur le MCDU...



12:30 C'est réparé, on embarque, créneau dans 11 minutes ça va être cher...

12:40 exension a 10:45 on se casse. A tout a l'heure!

13:20 on rentre dans l'espace aérien allemand. Emilie la chef de cab' vient de nous appeller pour nous demander ce qu'on veut manger. En attendant on bronze avec une belle vue sur les Alpes, au FL370 et Mach 0.78. On est bien quoi...



14:00 On a terminé de déjeuner, on arrive sur le Balatonsee. Au loin apparaissent quelques CB's bien joufflus.





14:35 On évite les CB's on descend dans 30nm. On se revoit au sol





15:20 on est dans les cales, les passagers débarquent. 1h20 de retard à l'arrivée, ils sortent quand même avec le sourire. 'sont forts nos PNC quand même!
Tout le monde se presse autour de l'avion pour nous faire repartir le plus vite possible. Ça nous va, il fait 29 degrés et très lourd. Les CB's ne sont pas là pour rien...

16:10 En montée vers le FL360, les quelques CB de tout a l'heure ont fait des petits. On évite gentiment

16:30 Les cellules disparaissent alors qu'on sort de l'espace aérien Roumain. Devant nous il fait beau, on s'installe confortablement, encore 1:30 de vol

16:50 On retrouve le Balatonsee, au sud cette fois. Dans 20nm on tourne vers Zagreb puis l'Adriatique vers Venise.

15:10 Ptite météo en route grâce a l'ACARS, pour l'instant il fait beau. CAVOK à Venise, 110nm devant.



18:30 Arrivée au stand. Je prépare le vol je reviens

18:40 Le vol est prêt, les passagers embarquent. Désolé pas eu beaucoup de temps dans la descente, on se faisait pas mal brasser.
Je suis sur le tarmac histoire de prendre l'air, ça fait du bieeeeeen!

20:30 Toulouse!! C'est le ruuuush! Le temps de rien :-(

21:45 on est posés, enfin. A l'heure en plus mais on s'est battus pour y arriver, d'où le manque de posts. Je vous raconte tout ça un poil plus tard



ÉPILOGUE

22:40 Je suis sur ma terrasse, une bière dans la main. Quelle journée! Des turbulences sans cesse depuis qu'on a passé Venise au retour de Bucarest, pas le temps de souffler aux escales pour rattraper notre retard... Donc ni le temps ni la possibilité d'écrire ici. J'ai néanmoins pu prendre quelques belles photos et une vidéo sympa que j'essaierai de mettre en ligne demain.

Ce n'était vraiment pas la bonne journée pour mon petit projet. Vraiment désolé de ne pas avoir pu fournir plus, je m'organiserai différemment la prochaine fois s'il y en a que ça intéresse toujours.

En attendant, je profite du chant des grillons. Bonne nuit :-)

Une journée en ligne, c'est parti!

8:40 Bonjour à tous et bienvenue! Au programme aujourd'hui deux aller-retour depuis Genève, vers Bucarest d'abord puis Toulouse ce soir. Décollage 11:30 (Heure locale de Genève, UTC+2), retour 21:45.

Quelques règles du jeu:
1) Je ferai évidemment tout mon possible pour écrire le maximum durant la journée, les textes seront envoyés lors du départ, et aux escales de Genève et Toulouse. Il y aura donc un trou entre le premier décollage et le retour de Bucarest.
2) Bien évidemment, je n'écrirai que si les conditions le permettent (Météo, disponibilité etc...)
3) Les textes seront publiés sur cette page, dans un même post descendant.
4) J'essaierai de poster quelques photos en "direct", mais les qualités photo de l'iPhone étant limitées, les belles photos s'il y en a viendront ce soir une fois que j'aurai récupéré un ordinateur.
5) J'espère que vous aimerez :o)

Allez c'est parti, on se retrouve en salle de briefing dans 1h30 environ!

mardi 4 mai 2010

Rock & Roll! (& Yaw, & Pitch!)

"France Inter il est 4 heures, le journal..."

Vol de reprise après une dizaine de jours d'arrêt (oui les vacances se sont bien passées, c'est gentil de demander...), au programme un aller-retour Bordeaux. Je prends mon café-METAR du petit matin:
LSGG 04/0250 (...) 030/18G28 FEW020 SCT030 BKN045
LFBD 04/0230 (...) 350/16 FEW033 BKN060

Bon... Ca achève de me réveiller, surtout que les TAF prévoient des rafales à 45 Kts à Genève. Connaissant la finale 05, on s'attend déjà à se faire secouer au retour. Allez c'est parti!

Au briefing, mon CdB m'assigne le vol aller.

Moi: Heu, si ça ne t'ennuie pas trop, je rentre de vacances je préfèrerais me remettre un peu dans le bain... Je pourrais faire le retour plutôt?

Lui: Heu, mais y'a du vent au retour

Moi: T'as pas confiance? :) (Grand sourire faussement provocateur)

Bref il cède sans que j'ai à insister plus que ça. 'Pas intérêt à jouer les Fangio moi...

C'est quand même marrant. On a beau commencer à avoir une certaine expérience sur l'avion, il vous suffit de dix jours d'arrêt pour que les automatismes soient beaucoup moins automatiques. Et vas-y que j'oublie de mettre l'auto-brake après la mise en route, et vas-y que j'annonce juste avant le décollage "Cabin crew, prepare for landi... Take-off", tout ça... Bon au moins on en rigole, c'est déjà ça.

Décollage en 05 Full patate power histoire de laisser le sol derrière nous le plus rapidement possible, et on grimpe... Vite, très vite. Les actions s'enchaînent, les turbulences se calment, tout va bien. Cette fois ci on est partis!

La croisière est ponctuée de demandes de reports de turbulence par quasiment tous les avions. On y apprend que tous les niveaux sont touchés au dessus du FL290, mais qu'a priori on devrait être plus tranquilles au dessus du FL330 (non parcequ'au 300 là, on se fait secouer sévère. Enfin, modérément si on applique la définition aéro, mais ça fait un peu léger à l'écrit). Demande du FL340 acceptée, et on sort enfin de la couche, à peu près au calme. On prend même le risque de détacher nos passagers, c'est dire...

3000 Pieds en vent arrière 05 à Bordeaux

"Baboo 235 would you accept a visual approach?"

On se regarde et on se rappelle que le contrôleur ne voit pas ce qu'on voit...

"Negative we are IMC"

"Roger descend 2000 Ft then and proceed standard arrival"

Bon on sait que 100 pieds plus bas ça va le faire vu l'épaisseur de la couche.

"Baboo 235 able visual approach"

Ptit tour de piste tranquille en Embraer 190 un matin de mai, on se fait plaisir comme on peut... Bon jusque là c'est facile, mais dans les derniers 1500 pieds ça se corse puisque le vent a forci et est maintenant quasiment plein travers pour une grosse vingtaine de noeuds. Rien de méchant mais il faut se battre pour maintenir les éléments. Et cette saleté d'automanette qui surcorrige... Hop A/T OFF ça devient plus joli à regarder.

Boudoum la roue gauche, boudoum la roue droite, on vacate rapidly à la demande de la contrôleuse, y'a un ERJ de Régio qui se pointe derrière.

On arrive au parking, "Au revoir Monsieur, au revoir Madame", bon on le prend ce ptit dèj'? Le coordo nous apporte la météo, le vent à Genève a forci, on s'y attendait. "On embarque dans 10 minutes?"

Quelques minutes avant l'embarquement on se rasseoit au poste pour briefer. Au moment où je m'asseois, ptit message de rien du tout à l'EICAS "SPDA Fault". Boooooooon. Déjà on arrête tout, l'embarquement qui allait commencer, tout ça... SPDA kezako? La série E-Jet est plutôt pas mal foutue, avec des ordinateurs de partout dans les soutes électroniques. On a notamment un module, le SPDA donc, qui gère la distribution électrique dans l'avion. Facile quand on connaît l'acronyme: Secondary Power Distribution Assembly. Bref y'a un 'blème avec la boîte qui balance le courant dans les tuyaux, ça suit derrière? Il dit quoi le bouquin des "Ground resets"? (Oui dans un avion électronique c'est comme avec un bon vieux PC, il suffit souvent de redémarrer. Je prédis la fortune à celui qui mettra des Mac's dans un avion) Bin, de faire un reset complet, justement:
Coupez tout, attendez 5 minutes et redémarrez.


(Traduction approximative et un peu raccourcie dudit bouquin)

Bon ben on coupe alors... J'en profite pour raconter à mon CdB la blague de l'acronyme EMBRAER (Every Mechanical Breakdown Requires An Electrical Reset).

Cinq minutes plus tard, le coordo pousse un soupir de soulagement, le message a disparu. Intérieurement je suis un peu déçu quand même, j'aime bien Bordeaux, je serais bien resté un peu. Mais on a un métier merde!

Repoussage à l'heure, on se casse, cette fois c'est moi qui joue. Pendant le roulage je vois un Beech 36 qui décolle et qui se bat méchamment dans la turbulence. Bon courage les gars.

Une fois alignés, je récupère les commandes et on y va, full patate power again, y'a pas de raison! Tout aussi vite qu'à l'aller, on égrenne les actions et les checklists au rythme infernal du vario. Ça fait un peu plaisir, quand même!

Début de descente vers Genève. On a attaché les passagers en avance, les hôtesses sont sanglées sur leur jumpseat, cramponne yourself (© JD)!

"Baboo 236 expect NON straight-in approach"

Ha? On fait tout le tour alors? Bin zut alors... 'faut dire, y'a le salon EBACE à Genève et nos écrans sont constellés de plots TCAS. Donc on prend un ticket et on se met dans la file, comme tout le monde.
Quinze minutes plus tard, on y arrive. 20 Nm en finale 05, 160 Kts on se fait secouer comme un petit pois dans le sifflet d'un flic (oui, j'aime bien les expressions de Darolles, j'y peux rien...). La vitesse qui fait un peu ce qu'elle veut, le PA qui tente tant bien que mal de tenir l'ILS. Ce qui est bien au moins (sic), c'est qu'à 160 Kts jusqu'à 4Nm (demande standard de l'ATC ici) ça dure longtemps... Bon y'en a marre, AP OFF, A/T OFF, j'vais vous stabiliser tout ça moi! (là le PA se marre, parceque comme tout bon PA il sait mieux faire que moi)
1000 pieds, je me bats comme un damné, du coin de l'oeil je vois le manche côté CdB qui fait une mayonnaise pas croyable.
"Thirty, twenty, ten"
Pas d'arrondi, on a pris 20Kts d'incrément de vitesse (le maxi sur E-Jet), l'avion floooooootte. "Pose toi bordel!" (Non ça ne vient pas du côté CdB, c'est juste moi). Là, évidemment, le kiss... "j'te jure j'l'ai pas fait exprès" (surtout que généralement par CAVOK et vent calme je me vautre lamentablement).

En sortant du poste pour aller saluer nos passagers, j'ai quand même droit à une franche poignée de main de mon CdB qui me félicite. C'est peu de choses mais ça fait plaisir quand on s'est battu comme ça. Et puis quelque part j'ai un peu gagné sa confiance aujourd'hui...

dimanche 4 avril 2010

Pascaaaaaaal, c'est dimanche!!

5h du mat'

France Inter il est 5 heures, les informations...

Un oeil s'entrouvre. On est quel jour déjà? Pourquoi il sonne ce réveil? Je vais où déjà?

Petit déjeuner, café (le premier), douche, uniforme... Les idées se remettent en place lentement. L'été est encore loin, il fait encore nuit quand je sors et la route est trempée des giboulées de la nuit. Encore besoin de chauffage dans la voiture...

Allô Arnaud? En bas de chez toi dans 2 minutes!

L'avantage de voler avec un captain qui est aussi un ami... Tout à coup l'esprit s'anime, les vannes sortent, on part voler entre potes!

Arrivée au dispatch, météo, plans de vol, pétrole, bisou aux hôtesses, on est partis!

Réveil de l'Embraer, qui aurait bien terminé sa nuit lui aussi. Brrrr qu'il fait froid! Vite l'APU!

Préparation du poste, briefing, accueil des passagers pour Bordeaux... Un café? Damned on n'a pas encore d'eau potable à bord! Un coup de radio un peu pressant, on remplit le réservoir et on repousse.

Baboo 235 contact Marseille 127,9

Enfin on perce la couche en passant le FL240, il était temps. Aurélie arrive au poste avec deux espressos (espressi?), ça sent bon!

IberTaxi 204 contact Marseille 135,xx (?)

Moi: Heu, Olivier?

Olivier: Salut Dan!

Ca fait plaisir, d'autant que quand Olivier m'a quasiment raccroché au nez hier soir c'est parcequ'il venait d'être déclenché pour un transport d'organe. J'avais juste eu le temps de lui dire que je volais le lendemain matin, et le voilà à la fréquence, alors qu'il fait son 3è jour de vol d'AEL!

Au loin on distingue quelques têtes bourgeonnantes. On a beau avoir préparé le vol et savoir qu'elle seront là, on espère toujours... Evitement à gauche, passage sous une petite cellule à peine grise, finale 23. Au nord-ouest du terrain une cellule nettement plus grise (enfin rouge, vue sur le radar) et nettement plus grosse s'approche rapidement. Boudoum Boudoum, Arnaud pose l'Embraer et on roule vers le parking. Le temps d'ouvrir la porte, il pleut à grosses gouttes, il était temps de se poser...

Le temps de préparer le vol retour, le soleil innonde le cockpit, ça fait du bien... Hop un autre espresso, c'est qu'on a un autre vol à assurer! Surtout que là c'est mon tour de jouer!

Décollage en 23, départ SAU6A (vers le VOR de Sauveterre en Lozère). Virage à gauche, puis à droite (hop une tête de cumulus), puis à gauche. Le contrôleur doit être malade de nous voir zigzaguer, direct GONIM! C'est tout droit ça nous arrange... Montée vers le FL320, je m'installe confortablement dans mon siège, réchauffé par le soleil presque de face. Vous avez déjà eu cette sensation de batterie qui se recharge? C'est exactement ça...

Une demie heure de bronzette plus tard (pilote c'est un métier...), alors que nos passagers-clients s'échinent à trouver les friandises qu'Arnaud et Aurélie ont caché dans la cabine (oui c'est Pâques), il est temps de descendre et de demander à tout ce beau monde de se rasseoir d'un coup de ding-dong et d'une annonce annonçant la fin de la chasse aux oeufs.

J'aime bien l'approche en 23 à Genève, c'est toujours un challenge de jouer avec le trafic pour lisser une trajectoire. Je l'ai déjà dit non? Enfin tout ça pour dire que comme c'est dimanche, je joue à me croire à l'aéroclub et je débraie tous les automatismes pour ma dernière approche avant mes vacances. Arnaud m'a fait mon AEL, il a l'habitude de mes conneries donc il laisse faire. Posés pas cassés (enfin pas l'avion en tous cas), on roule vers le parking.

Tit resto?

C'est parti!

Histoire parallèle: http://lj35.blogspot.com/2010/04/une-nuit-en-mission-organes.html

PS: cette fois cet imbécile de copi n'est qu'à moitié à blâmer. L'appareil photo est pété!

dimanche 14 mars 2010

Nocturnes printanières

Il y a des jours comme ça... Aujourd'hui deux aller-retours prévus, Toulouse d'abord, Rome ensuite. Arrivée bien en avance à l'aéroport, Salon de l'Auto oblige (ouf c'est le dernier jour!!), le temps de prendre un café avec le commandant Pascal et de s'extasier sur la météo printanière. Rien sur les cartes météo, rien sur les TAF/METAR, on va enfin pouvoir passer une rotation sans se faire trop secouer.

L'aller retour vers Toulouse est un non-évènement, si ce n'est que Pascal expérimente la descente CDA (Continuous Descent Approach), c'est redoutable. Aucun palier entre le FL350 et le sol, les moteurs restés au ralenti presque tout le long apprécient. Retour à Genève c'est à moi d'avoir droit de jouer, si ce n'est que c'est tout droit puisqu'on se pose en 05. En revanche la vue sur les Alpes enneigées et ensoleillées est splendide.

Arrivée au stand, on repart dans la foulée vers Rome, les Alpes nous attendent et nous faisons route vers la capitale italienne. Peu de monde ce soir, nous sommes relativement libres de notre trajectoire, qu'on arrive donc à lisser pour une descente presque continue. Ca fait plaisir, de rien patron! On se pose alors que le soleil effleure l'horizon. Plaisir des soirées printanières (oui on s'y croit vraiment), couleurs méditerranéennes...



Retour de nuit, je m'essaie à la photo nocturne sans trépied. Oui je sais c'est flou, merci... Mais j'aime bien le résultat...



Un passager a oublié un National Geographic dans l'avion. Chouette j'adore (et d'ailleurs je viens de me rendre compte que je l'ai moi même oublié dans le cockpit. Ca fera plaisir au copain demain matin. Mais quel c$¨£$%!!!!)!


mardi 16 février 2010

Nuits hivernales

Parmi les avantages qu'il y a à vivre près d'une montagne, il y a notamment la possibilité de passer une bonne partie de la journée sur les pistes de ski avant d'enfiler son uniforme pour aller voler. Comme mon vol pour Toulouse ne décollait qu'à 18:30, je me suis dit que j'allais monter prendre l'air et prendre quelques photos énervantes...


Bref en redescendant je me suis remis dans la peau du copilote, histoire d'emmener nos estimés clients à Toulouse sans trop de casse. Départ quelques minutes en avance pour ce vol de 50 minutes qui doit nous faire passer à la verticale de Lyon, au sud de Clermont Ferrand, et à la verticale de Mende avant de se poser en piste 14 à Toulouse.


Nous décollons donc en piste 23 à Genève, peu de temps après que le soleil est passé sous l'horizon. En passant la Montagne de Vuache, l'horizon nous apparaît d'un rouge sang éclatant, que cet imbécile de copi (toujours lui décidément) n'a pas pu immortaliser de manière correcte, son appareil photo étant resté au chaud sur son bureau.




Je ne sais pas si c'est l'émotion, mais on distingue très vaguement sur la photo un point blanc, c'est la Lune qui tremblait de nous voir arriver... Hum...

Le sort (par là j'entends le choix du Commandant de Bord) en ayant décidé ainsi, m'échoit la charge de piloter au retour. Nous décollons en 14L et entamons rapidement un large virage vers Mende, en montant vers notre niveau de croisière. Ce soir Bordeaux Contrôle est coopératif (comme souvent d'ailleurs) et nous autorise à monter au dessus de notre niveau de vol déposé. De pas grand chose cela dit, un Jet provoquant des turbulences aux niveaux supérieurs. C'est dont au FL300 que nous faisons route vers Lyon, en admirant le ciel particulièrement étoilé ce soir. Les fréquences s'enchaînent, Marseille nous fait anticiper la descente (comme toujours dans ce sens là), et nous libérons nos 30000 pieds vers un FL230, puis 200 en passant Chambéry.

Je dois avouer que j'aime bien les vols retour vers Genève. Avec le temps, il devient plus aisé d'optimiser l'approche en prenant à chaque fois de moins en moins de marge de manière à lisser la trajectoire. Et ce soir je m'y applique particulièrement, échaudé par le temps magnifique et le contrôle qui nous laisse relativement libre de notre vitesse. Je joue donc de la pente et des speedbrakes pour maintenir une descente continue jusqu'à l'ILS. En vent arrière le contrôle nous raccourcit et nous fait virer en base rapprochée en nous autorisant à une altitude plus basse que l'altitude normale de capture du glide (normalement c'est 7000 pieds à 17,7 Nm du seuil). En descente donc vers 4000 Ft, nous prenons un cap 250 et sommes autorisés à l'approche. Le loc approche, nous sommes pile sur le glide, je prends une pente de 3° pour rester dessus, le loc rentre... STRIKE!!!!! Rhaaaaaaaah lovelyyyyyyyy!!!!!

Certes c'est peu de choses, mais un ILS intercepté pile poil, la vitesse qui décroit régulièrement jusqu'à la configuration atterrissage tout ça presque sans avoir ajouté de puissance depuis le niveau de croisière... Ca fait plaisir, même si c'est ce pour quoi nous sommes payés, finalement. Vous vous rendez compte? Etre payés pour se faire plaisir!! Si seulement j'avais su à quel point...

vendredi 22 janvier 2010

Plus d'attente à Genève

L'A380 est reparti, on peut donc recommencer à jouer tranquilles. Du coup ce matin je me suis dit (enfin on me l'a surtout demandé avec insistance) que j'allais repartir à Rome. Mais comme il n'y avait pas de brouillard alors que c'était prévu comme ça, on s'est dit qu'on allait laisser jouer les mécanos pendant 1h30 avec notre avion histoire de justifier le petit dej' tranquille dans la cabine avec les hôtesses.

Bon allez c'est pas tout ça, mais l'avion est réparé, les passagers embarqués, la brume dissipée (enfin transformée en plafond bas), maintenant il faut décoller. Décollage auquel je m'applique d'autant qu'on emmène un mécano avec nous dans le poste. 600 pieds floutch dans la couche. Booooooon... Et hop 1500 pieds plus haut on trouve le soleil et les Alpes blanches qui justifient à eux seuls le réveil à 4:45 ce matin.

Virage à droite, puis à gauche pour longer le Mont Blanc, encore lui...



Manifestement, d'autres ont eu moins de courage et ont préféré faire demi tour...



En arrivant sur l'Italie, la plaine est couverte d'une épaisse couche de brouillard, on ne verra rien jusqu'à Florence. Seule Gênes émerge doucement.



Arrivés à Rome, l'escale fonctionne évidemment au rythme habituel. Malgré cela on arrive à se dépêtrer et à tenir notre créneau. Décollage en 25 face à la mer, et direction Florence. Notre demande de raccourci est acceptée par le contrôleur romain qui nous autorise à faire route sur AOSTA, tout au nord de l'Italie. Logiquement, nous retrouvons le même paysage qu'à l'aller, en photo inversée cette fois...



De l'autre côté des Alpes, le bassin lémanique nous apparaît sous les nuages. Le Salève émerge à peine...



C'est toujours la 05 en service, la Montagne de Vuache joue avec le vent et les nuages pour donner l'impression que la couche se déverse dans la plaine.



Nous arrivons finalement en finale à Genève après avoir traversé une fine couche qui filtre le soleil. Dommage...



Allez demain Nice, il paraît qu'il va faire beau!

jeudi 21 janvier 2010

Attente à Genève

Aujourd'hui c'est la fête à Genève! Le géant A380 vient poser ses roues pour la première fois à Cointrin pour tester les installations, on se croirait à un meeting aérien avec des dizaines de spotters, des parkings réservés, des accès VIP tout ça...

Nous en attendant on bosse, et on emmène nos passagers à Rome. Ce que ne savent pas nos passagers du retour, c'est qu'Airbus fait bien les choses. Pour tester leur avion, ils ont commandé un brouillard à trancher au couteau pour leur arrivée. Eux ça les amuse peut-être mais nous ça nous fait prendre un créneau d'une heure au départ de Rome. Enfin il fait beau et le soleil tape directement sur ma fenêtre, que je m'empresse d'ouvrir pour me sentir déjà au printemps. Bref, on finit par s'extirper du bourbier fumicinien.

En arrivant au point AOSTA qui marque la frontière entre les FIR milanaise et suisse, Swiss radar nous envoie attendre sur le point GOLEB, juste à l'est du Mont Blanc, et nous donne une HAP (Heure d'Approche Prévue) vingt minutes plus tard. Avec le CdB JP on se regarde et on se dit qu'on aurait mieux fait de ne pas se presser... Mais quoi qu'il en soit il fait beau et le Mont Blanc nous tend les bras. Du coup on se risque à demander une attente sur MOBLO, le point RNAV qui se situe juste à côté du sommet. Quitte à attendre autant profiter. Notre demande est acceptée et nous enroulons le Mont Blanc deux fois avant d'entamer notre approche.





On descend l'ILS 23 et en arrivant à 1000 ft sol on entre dans la couche, laissant le soleil derrière nous. Nous ne ressortirons sous les nuages que vers 300 ft sol dans la grisaille, sous les yeux de l'A380 qui trône sur le parking le long de la piste.

Dommage on n'aura pas vu de chamois...

mercredi 5 août 2009

Au ras du Mont Blanc

Ils sont gentils au radar de G'nève. FL180 (5500m, le niveau mini dans le secteur) vers le Mont Blanc, ça donne quelque chose comme ça:



jeudi 16 octobre 2008

Escapade au dessus de la Vallée des Rois

Bon c'est sûr, sur le papier, ça ne le faisait pas trop. Décollage 22h30 pour un retour à 8h40 le lendemain matin, ça promettait un vol piquant. Enfin qui pique, plutôt… Cela dit la perspective d'un vol de nuit vers l'Egypte me semblait alléchante, je gardais un bon souvenir d'un convoyage en Afrique, repartir au sud de la Méditerranée me tentait bien. Certes on ne me demanda pas mon avis, mais l'envie y était…
Samedi dernier donc, j'arrive aux opérations Baboo avec plus de 2 heures d'avance, ce qui change de l'heure règlementaire habituelle. Armé des cartes et de la doc qui vont bien, je m'attaque à énumérer les différents terrains d'appui dont nous pourrions avoir besoin. Le côté nocturne de ce vol charter rend les choses un poil plus compliquées, nombre de terrains n'étant pas ouverts H24.
Le captain arrive, nous faisons un point sur la météo en route, les NOTAM's, et surtout les prévisions pour demain matin à notre retour à Genève. Avec un QNH à 1033, on se dit que ça risque de se corser à l'aube. En effet, les TAF longs prévoient  en TEMPO 500 mètres de visi. Nice est CAVOK, et Lyon prévoit de la brume. On prévient les ops qu'on risque fort de dérouter  sur un des deux terrains, et on file à l'avion. Pour ce vol un peu spécial pour nous, chaque membre de l'équipage a apporté une petite douceur à partager. Giovanni le PNC italien s'est fendu d'un paquet de petits chocolats italiens que je vous dis même pas…  Ca s'annonce bien…
Checks sécurité, catering, bagages, préparation du cockpit, vérification de la doc, programmation du FMS (qui prend plus de temps que d'habitude, vu la longueur de la route), confirmation du pétrole (on prend 12 tonnes, "un tantinet" plus que d'habitude, nous qui dépassons rarement les 2 heures de vol) et du nombre de passagers. "Geneve sol Bonsoir, Baboo 8901 requesting clearance to Sharm el Sheikh". On est partis…  Confirmés en cela par une tape sur l'épaule de Peter, mon captain. Le seul de la compagnie qui dépasse mon 1m93 et qui a donc des paluches en conséquence. Aïeuuuuuu!!!
C'est  sûr qu'à 49 tonnes, juste 1 tonne sous la masse max, on utilise presque toute la puissance de nos deux réacteurs et que la rotation met du temps à arriver. 148 nœuds, mon record. J'arrache l'Embraer 190 de la piste 23, et c'est parti pour une nuit de vol. On note au passage les quelques bancs de brume sur la piste. 22h30, ça promet pour demain…
La nuit est claire et la lune presque pleine. Le Mont Blanc se distingue parfaitement alors que nous montons vers notre premier niveau de croisière. Nous accrochons péniblement le FL340 en route sur TOP (le VOR de Turin), et nous installons confortablement pour admirer le paysage. Peu d'avions au dessus de l'Italie cette nuit. Rien au TCAS, personne à la radio, on en viendrait presque à demander un peu d'animation pour rester éveillés. Heureusement les PNC appliquent à la lettre la consigne qui veut qu'ils doivent nous appeler toutes les vingt minutes. C'est toujours l'occasion de grappiller un chocolat pour mieux profiter du café fumant en regardant se dessiner le talon de la botte italienne. Chose que je n'avais pas sur Embraer 120, là nous volons suffisamment haut pour dessiner sur le pare-brise les cartes que l'on a tant de fois étudiées. Je pense à Jacques et à sa description du papillon guadeloupéen. Et moi aussi je me dis " on a réussi petit".
Ce qui est intéressant sur des vols aussi long, c'est qu'on a le temps de chercher à optimiser au maximum. On affine nos estimées, on anticipe les déroutements éventuels, on prend des météos, on monte dès que l'on peut… Et puis on n'a que ça à faire, puisqu'il fait nuit en dessous et qu'on ne voit rien de la Grèce et de ses îles…
C'est à l'approche des côtes égyptiennes que la nouveauté se dessine. Moi qui pensais arriver sur le désert, je suis sidéré du nombre de villages éclairés qui s'offrent à notre vue. Une gigantesque toile d'araignée est dessinée au sol. A la radio tous les messages sont précédés d'un "Cairo Cairo" destinés à sortir le contrôleur égyptien de sa torpeur. Pourtant d'innombrables charters européens convergent vers les villes qui bordent la Mer Rouge, et déclinent leurs estimées au contrôle qui gère tant bien que mal. On m'avait pourtant dit qu'ils avaient des radars performants en Egypte…
En s'éloignant un peu des côtes, on peut enfin admirer le reflet de la Lune sur le Nil. Magique et empli de symboles… Je suis scotché à ma fenêtre. Encore une fois, n'était-ce pas Jacques qui écrivait que ça faisait partie de notre boulot de regarder par la fenêtre? Dans ce cas j'ai été trrrrès consciencieux dans mon travail cette nuit là…
Plus loin, c'est le noir. Le Sinaï à gauche, la mer en dessous, la montagne devant. Plus que 30 minutes avant l'arrivée, il est temps de se préparer. Pas de problèmes de brouillard ici, il fait CAVOK et 25°c à 3h du matin. On demanderait presque une approche à vue si on n'était pas persuadés d'avoir le cerveau un peu embrumé par les quatre heures de vol qui viennent de s'écouler.
Boudoum boudoum, j'achève de réveiller nos passagers par un "positive touchdown". Le service avant tout…
Débarquement, ménage, embarquement, le Handling à l'égyptienne est étonnement efficace. Avec dix minutes d'avance, on roule vers Genève. On serait bien restés…
La route du retour prend les chemins touristiques. Le Caire, Alexandrie, autant de noms qui ont le son de la cloche de l'école. Nous découvrons la mégalopole suréclairée du Caire, les Pyramides, le Nil, et devinons Alexandrie sous les orages nocturnes. Le côté magique du pilote globe-trotteur commence à se dessiner…D'autant que derrière, dans le winglet droit, le jour commence à poindre doucement. Ce n'est pas encore franc, mais je commence à distinguer un dégradé entre la nuit noire et l'horizon qui commence à se dessiner. Ce lever de soleil durera plus de deux heures, et nous laissera admirer toutes les nuances d'orange et de rouge. Je suis bien content d'être assis à droite, Peter, de sa place gauche, enrage de ne plus être copilote…
Avec l'accord de mon estimé collègue quadrigalloné, je m'autorise une petite sieste de vingt minutes, histoire d'avoir les idées à peu près claires pour notre arrivée. Grand bien m'en a fait…
A l'heure de l'ouverture de Genève, nous commençons à pianoter sur le FMS pour obtenir les dernières météos par ACARS, cet outil fabuleux qui permet de recevoir et d'envoyer des messages textes pratiquement où que l'on se trouve. Un service SMS stratosphérique en quelque sorte.
Enfin l'ACARS a beau être magique, ce qu'il nous dit nous sort définitivement de nos rêveries presque-matinales. Conformément aux prévisions (qui a dit "pour une fois"?), c'est cotonneux à Genève. En revanche Lyon et Nice sont CAVOK, ce qui nous laisse la possibilité de continuer relativement sereinement. A l'approche des Alpes, alors que nous survolons Milan encore endormie, le dernier ATIS passe entre 600 et 800 mètres de RVR. Les manettes devant, on y va avant que ça se bouche.
"Genève contrôle Bonjour, Baboo 8902, descending FL110"
"Bonjour Baboo 8902, proceed direct SPR and descend 7000 Ft. For information, latest RVR 500 meters".
"…."
500 mètres qu'il a dit le monsieur? Damned, nos minimas c'est 550. Bon…
"Baboo 8902, on a besoin de 550 mètres, on entre dans le hold à St Prex, avisez nous en cas d'amélioration".
On réduit à 210 nœuds, on rentre dans l'attente, et on commence à calculer. Il nous reste 3300 kgs dans les réservoirs, on se dit qu'on ne dégage pas à moins de 2600 kgs (alors que le mini est à 2000), ça nous laisse une grosse demie heure pour réfléchir et laisser le temps au brouillard de finir sa nuit.
Mouais… Comme on gêne un peu, SPR étant pile dans la finale 23, on nous envoie nous faire voir dans l'attente de GVA, un peu plus à l'ouest. En attendant, non seulement ça ne s'améliore pas, mais ça se bouche doucement. 450 mètres, puis 375, puis 300, puis 250… On a de plus en plus le sentiment de perdre notre temps et du pétrole dans cet hippodrome. Dernière de Lyon? CAVOK. C'est parti. Peter n'étant pas super fluent en Français, c'est à moi de me fendre de la petite annonce à nos estimés passagers, leur annonçant que le déjeuner chez belle maman va être un peu retardé, puisque là on va à Lyon. Genève ça sera pour plus tard…
Après dix minutes de vol, l'arrivée à Lyon est un non-événement. Il fait beau, on est attendus, les passagers débarquent, on est posés… Enfin. Gentiment, le coordo nous donne la dernière météo de Genève. 175 mètres… Pas de regrets. Ha si, celui de ne pas avoir un appareil photo digne de ce nom… J'aurais eu plein de levers de soleil culculs à vous envoyer…