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mercredi 7 septembre 2011

Le dernier vol du Fox

Le QF était le deuxième de notre flotte de trois Ejet's. Il était arrivé du Brésil avec Arnaud en juin 2008, tout neuf. Le QF c'était son avion, celui qu'il avait réceptionné, évalué, et ramené en Europe. Il était donc normal que ce soit Arnaud qui le convoie à vide vers son lieu de stockage temporaire, à Lille, où il devrait patienter jusqu'à son transfert vers un futur repreneur puisque nos actionnaires avaient décidé de se séparer de la flotte Embraer.
Il ne fait pas beau ce vendredi matin de novembre... Ni dehors, ni dans les bureaux de la compagnie... Les yeux sont tristes, deux avions nous quittent aujourd'hui, seul QG restera encore quelques semaines pour couvrir les éventuelles défaillances des Q400, le temps d'être lui aussi vendu. Avec Arnaud nous tentons de garder le sourire et de ne pas nous laisser distraire par la morosité ambiante... Aéronautiquement parlant il fait beau c'est déjà ça... Nous attaquons le briefing.
Pas question aujourd'hui de jouer l'économie! Pas de poussée réduite! Nous avons tous les deux envie de sentir une dernière fois les 2x18500 Lbs de poussée de nos réacteurs. On briefe la panne moteur au décollage, qui serait critique vue l'assiette plutôt inhabituelle que nous devrons prendre pour ne pas emplafonner les placards volets. Surtout qu'on a décidé de coller le plus possible à V2...

Une petite heure plus tard, parking maintenance... Nous sommes presque prêts, nos agents d'opérations sont venus nous dire au revoir ainsi qu'à l'avion, je décèle un peu d'humidité dans les yeux de Gaëlle. On se redonne le moral en faisant de grands sourires sur les photos souvenir.
A la radio j'entends QE qui demande la mise en route. QE et QF se suivent vers Lille ce matin, comme ils se sont suivis à quelques semaines d'intervalle en venant du Brésil au printemps 2008. En terminant de préparer notre vol, on observe du coin de l'oeil le seuil de piste 23 pour ne pas rater le décollage des copains. Eux seront raisonnables, ils feront comme dans les livres et arracheront QE pour la dernière fois au sol genevois.

Quelques minutes plus tard nous mettons en route, et nous roulons vers la piste 23. Quelques collègues du sol se sont postés le long du taxiway avec des appareils photo pour immortaliser notre départ. J'arrive tant bien que mal (à cause de la pressurisation) à ouvrir ma fenêtre pour les saluer. Pas de nez basculant pour un coucou "à la Concorde"...

"T'es prêt?"
"Toujours prêt!"
"C'est parti"

Un avion vide, pas trop de pétrole, la pleine poussée... Vr arrive vite et Arnaud tire sur le manche, on se sent pousser des ailes... Le badin qui n'arrête pas de monter, malgré l'assiette de plus en plus forte... 20°... 30°!!! 40°!!! Bon on va peut être se calmer... A 45° d'assiette la vitesse continue d'augmenter, ça devait avoir une sacrée gueule vu d'en bas. Au briefing on s'était dit qu'avec des assiettes pareilles en cas de panne moteur on aurait plus tendance à passer sur une aile plutôt que de pousser comme des sourds. Pas con vu d'ici...

"Paris Contrôle Bonjour, Baboo 8544 en montée vers le 230 pour plus haut"
"Bonjour Baboo 8544, vous désirez quel niveau?"
"Ce que vous avez de plus haut jusqu'au 410"

'faut dire, avec un plan de vol déposé au FL280 ça nous faisait mal de ne pas pouvoir monter avec notre roquette surboostée...

"Baboo 8544 montez niveau 410 mais vous devrez redescendre dans 80Nm"

Chouette...

On se retrouve au soleil, peinards, à regarder les nuages du dessus. Le contrôle semble nous avoir oublié puisqu'on nous laisse traîner au 410 et qu'on doit même rappeler pour la descente.
Descente vers la grisaille, heureusement pas mal de plafond à Lille. Arnaud me refait une leçon sur l'approche à vue... On hésite à faire un passage bas mais on se dit que ça ferait tâche devant les hangars de la maintenance Régional qui va s'occuper de stocker nos deux avions...
Boudoum boudoum... "Actions après atterrissage"...

Le frein de park est serré, pas envie de couper les moteurs... A côté les mécanos font déjà le tour de QE arrivé vingt minutes plus tôt... "pas possible que ça s'arrête comme ça..."

Fait chier...

jeudi 1 septembre 2011

L'automatisation des cockpits

À quelques jours de commencer les séances de simulateur pour ma nouvelle qualif de type, je viens de tomber sur cet excellent article sur le non moins excellent blog de Captain Dave. À une époque où certains cours théoriques sont dispensés sur ordinateur et où on vous recommande de garder le pilote automatique et les auto manettes alors que vous êtes au simu, un peu de réflexion sur notre manière de former les pilotes ne me semble pas inutile...

http://flightlevel390.blogspot.com/2011/08/automation.html

mardi 9 août 2011

Du nouveau...

Bientôt un an sans vraie mise à jour. Entre deux la fin d'une compagnie, un déménagement, le chômage, quelques espoirs déçus, et finalement une offre, concrétisée depuis le 1er août.
Je n'en dis pas plus pour le moment, je rentre en qualif le 22 août, début des vols à l'automne. Je vous raconterai :-)

samedi 15 janvier 2011

Ouch...

Si vous suivez un peu l'actualité aéro, vous savez que ma compagnie se sépare de ses Embraer 190's, et du coup des équipages qui allaient avec. En attendant de trouver un autre cockpit, je mets ce blog en pause...
Et histoire de marquer le coup, j'ai malencontreusement effacé une partie du contenu du serveur du coup certaines photos ne s'affichent pas. Si je trouve le courage je m'y attelle.
Ha oui, si quelqu'un se rappelle du nom du thème que j'utlisais... :(

vendredi 9 juillet 2010

Retour en ligne

Voilà, les vacances touchent à leur fin. Dimanche 11 je réattaque par un aller retour Bucarest histoire de se mettre un jambes avant un mois de juillet chargé.

Ca a quand même du bon de travailler en compagnie aérienne. A mon retour hier, alors que je me présentais comme GP dans l'A320 d'Air France, le CdB me proposait de venir faire un brin de causette durant le vol. Même pas eu besoin de demander, alors qu'il y a quelques années j'aurais vendu ma mère fait n'importe quoi pour aller faire un tour devant.
Aujourd'hui avec un peu de recul c'est très instructif de voir comment travaillent les autres. Autres procédures, autre philosophie, autre avion, alors qu'au final le réseau et la complexité du vol restent les mêmes. Et surtout l'agréable sensation d'être enfin considéré comme un collègue par les deux gallonés. Y'a pas à dire, on fait un boulot sympa!

jeudi 24 juin 2010

Ptite pause

Avant de passer l'été à transporter des vacanciers, je me prends deux semaines de vacances moi même. Donc si je ne poste pas, ce n'est même pas de la mauvaise volonté...

@ dans 15 jours

mercredi 2 juin 2010

Une journée en ligne



Cette nuit je me suis rappelé de cette vidéo faite par un pilote d'American Airlines où l'on voit, concentré en quelques minutes, un déroulé de sa rotation entre Boston et Paris. Ca m'a donné l'idée suivante: et si je faisais un récit d'une journée en vol, non pas en vidéo, mais sous forme d'un Twitter ou équivalent que je mettrais à jour tout au long de la journée, de la préparation des vols au retour à Genève? L'idée me paraît sympa, je sais que c'est une chose que j'aurais aimé lire quand je cherchais du boulot. Si vous aimez l'idée, laissez un commentaire sur ce post. Si j'en reçois suffisamment, on pourra parler de J-7 à compter d'aujourd'hui!!

(Et si quelqu'un a une solution technique pour faire ça avec des photos en live, qu'il se manifeste, je ne connais pas Twitter ni ses limitations)

lundi 24 mai 2010

Besoin d'un renseignement

Puisqu'il y a un peu de monde qui passe par ici... Est-ce que quelqu'un connaît un bon cours de photo par correspondance, ou mieux un vrai cours dans la région de Genève/France voisine?


lundi 17 mai 2010

C'est fou ce qu'on peut faire avec une seule piste...

Les Britons de Gatwick le font en tous cas (vidéo honteusement piquée sur l'excellent Aeroblog de ZePyAF)


dimanche 2 mai 2010

Quand ce n'est pas le volcan...

... ce sont les vacances qui prennent le relais pour m'empêcher de voler. Reprise des vols dans deux jours en ce qui me concerne, avec j'espère un ou deux trucs à raconter.


mardi 20 avril 2010

Qui a dit "grounding"?

C'est quand même un peu le blues... Depuis vendredi soir, plus de vol à l'arrivée ou au départ de Genève. Pas que de Genève d'ailleurs, puisqu'une bonne partie de l'espace aérien européen est fermé aux vols commerciaux. Vols annulés, passagers en souffrance loin de chez eux, ça prendra des jours, voire des semaines avant que tout rentre dans l'ordre. Encore faudra t-il que le volcan au nom imprononçable pour les non islandophones se calme et arrête de nous balancer de la cendre par paquet de 12!

Bref on est tous tankés au sol, ceux qui ont de la chance à leur base. Et on attend la peur au ventre, que la situation se normalise avant que nos compagnies se cassent la gueule. Comme si on avait besoin de ça...

Une petite photo de la flotte Long Courrier Lufthansa stockée à Francfort: http://www.airliners.net/photo//1687388/L/

Petite analyse d'Olivier sur les 10 années de crise écoulées: http://lj35.blogspot.com/2010/04/2001-2010-le-sort-sacharne-sur-le.html

jeudi 25 février 2010

mercredi 17 février 2010

Décollage de nuit



Décollage de Nice ce soir. Le genre d'image que personnellement j'ai rêvé de voir pendant des années, ça fait plaisir de partager maintenant...

Une petite explication quand même. Nice possède deux pistes. D'une manière générale la 04L est réservée aux atterrissages et la 04R aux décollages. Là nous étions alignés en 04R, et nous attendions qu'un avion se pose en 04L. En effet la remise des gaz impose un virage vers la droite, donc une trajectoire conflictuelle avec un avion au décollage. Pour cette raison, lorsqu'un avion est en finale les décollages sont interrompus jusqu'au toucher des roues de l'avion qui se pose. Nous avions donc un peu de temps pour prendre une photo...

mardi 16 février 2010

Nuits hivernales

Parmi les avantages qu'il y a à vivre près d'une montagne, il y a notamment la possibilité de passer une bonne partie de la journée sur les pistes de ski avant d'enfiler son uniforme pour aller voler. Comme mon vol pour Toulouse ne décollait qu'à 18:30, je me suis dit que j'allais monter prendre l'air et prendre quelques photos énervantes...


Bref en redescendant je me suis remis dans la peau du copilote, histoire d'emmener nos estimés clients à Toulouse sans trop de casse. Départ quelques minutes en avance pour ce vol de 50 minutes qui doit nous faire passer à la verticale de Lyon, au sud de Clermont Ferrand, et à la verticale de Mende avant de se poser en piste 14 à Toulouse.


Nous décollons donc en piste 23 à Genève, peu de temps après que le soleil est passé sous l'horizon. En passant la Montagne de Vuache, l'horizon nous apparaît d'un rouge sang éclatant, que cet imbécile de copi (toujours lui décidément) n'a pas pu immortaliser de manière correcte, son appareil photo étant resté au chaud sur son bureau.




Je ne sais pas si c'est l'émotion, mais on distingue très vaguement sur la photo un point blanc, c'est la Lune qui tremblait de nous voir arriver... Hum...

Le sort (par là j'entends le choix du Commandant de Bord) en ayant décidé ainsi, m'échoit la charge de piloter au retour. Nous décollons en 14L et entamons rapidement un large virage vers Mende, en montant vers notre niveau de croisière. Ce soir Bordeaux Contrôle est coopératif (comme souvent d'ailleurs) et nous autorise à monter au dessus de notre niveau de vol déposé. De pas grand chose cela dit, un Jet provoquant des turbulences aux niveaux supérieurs. C'est dont au FL300 que nous faisons route vers Lyon, en admirant le ciel particulièrement étoilé ce soir. Les fréquences s'enchaînent, Marseille nous fait anticiper la descente (comme toujours dans ce sens là), et nous libérons nos 30000 pieds vers un FL230, puis 200 en passant Chambéry.

Je dois avouer que j'aime bien les vols retour vers Genève. Avec le temps, il devient plus aisé d'optimiser l'approche en prenant à chaque fois de moins en moins de marge de manière à lisser la trajectoire. Et ce soir je m'y applique particulièrement, échaudé par le temps magnifique et le contrôle qui nous laisse relativement libre de notre vitesse. Je joue donc de la pente et des speedbrakes pour maintenir une descente continue jusqu'à l'ILS. En vent arrière le contrôle nous raccourcit et nous fait virer en base rapprochée en nous autorisant à une altitude plus basse que l'altitude normale de capture du glide (normalement c'est 7000 pieds à 17,7 Nm du seuil). En descente donc vers 4000 Ft, nous prenons un cap 250 et sommes autorisés à l'approche. Le loc approche, nous sommes pile sur le glide, je prends une pente de 3° pour rester dessus, le loc rentre... STRIKE!!!!! Rhaaaaaaaah lovelyyyyyyyy!!!!!

Certes c'est peu de choses, mais un ILS intercepté pile poil, la vitesse qui décroit régulièrement jusqu'à la configuration atterrissage tout ça presque sans avoir ajouté de puissance depuis le niveau de croisière... Ca fait plaisir, même si c'est ce pour quoi nous sommes payés, finalement. Vous vous rendez compte? Etre payés pour se faire plaisir!! Si seulement j'avais su à quel point...

samedi 23 janvier 2010

vendredi 22 janvier 2010

Plus d'attente à Genève

L'A380 est reparti, on peut donc recommencer à jouer tranquilles. Du coup ce matin je me suis dit (enfin on me l'a surtout demandé avec insistance) que j'allais repartir à Rome. Mais comme il n'y avait pas de brouillard alors que c'était prévu comme ça, on s'est dit qu'on allait laisser jouer les mécanos pendant 1h30 avec notre avion histoire de justifier le petit dej' tranquille dans la cabine avec les hôtesses.

Bon allez c'est pas tout ça, mais l'avion est réparé, les passagers embarqués, la brume dissipée (enfin transformée en plafond bas), maintenant il faut décoller. Décollage auquel je m'applique d'autant qu'on emmène un mécano avec nous dans le poste. 600 pieds floutch dans la couche. Booooooon... Et hop 1500 pieds plus haut on trouve le soleil et les Alpes blanches qui justifient à eux seuls le réveil à 4:45 ce matin.

Virage à droite, puis à gauche pour longer le Mont Blanc, encore lui...



Manifestement, d'autres ont eu moins de courage et ont préféré faire demi tour...



En arrivant sur l'Italie, la plaine est couverte d'une épaisse couche de brouillard, on ne verra rien jusqu'à Florence. Seule Gênes émerge doucement.



Arrivés à Rome, l'escale fonctionne évidemment au rythme habituel. Malgré cela on arrive à se dépêtrer et à tenir notre créneau. Décollage en 25 face à la mer, et direction Florence. Notre demande de raccourci est acceptée par le contrôleur romain qui nous autorise à faire route sur AOSTA, tout au nord de l'Italie. Logiquement, nous retrouvons le même paysage qu'à l'aller, en photo inversée cette fois...



De l'autre côté des Alpes, le bassin lémanique nous apparaît sous les nuages. Le Salève émerge à peine...



C'est toujours la 05 en service, la Montagne de Vuache joue avec le vent et les nuages pour donner l'impression que la couche se déverse dans la plaine.



Nous arrivons finalement en finale à Genève après avoir traversé une fine couche qui filtre le soleil. Dommage...



Allez demain Nice, il paraît qu'il va faire beau!

jeudi 21 janvier 2010

Attente à Genève

Aujourd'hui c'est la fête à Genève! Le géant A380 vient poser ses roues pour la première fois à Cointrin pour tester les installations, on se croirait à un meeting aérien avec des dizaines de spotters, des parkings réservés, des accès VIP tout ça...

Nous en attendant on bosse, et on emmène nos passagers à Rome. Ce que ne savent pas nos passagers du retour, c'est qu'Airbus fait bien les choses. Pour tester leur avion, ils ont commandé un brouillard à trancher au couteau pour leur arrivée. Eux ça les amuse peut-être mais nous ça nous fait prendre un créneau d'une heure au départ de Rome. Enfin il fait beau et le soleil tape directement sur ma fenêtre, que je m'empresse d'ouvrir pour me sentir déjà au printemps. Bref, on finit par s'extirper du bourbier fumicinien.

En arrivant au point AOSTA qui marque la frontière entre les FIR milanaise et suisse, Swiss radar nous envoie attendre sur le point GOLEB, juste à l'est du Mont Blanc, et nous donne une HAP (Heure d'Approche Prévue) vingt minutes plus tard. Avec le CdB JP on se regarde et on se dit qu'on aurait mieux fait de ne pas se presser... Mais quoi qu'il en soit il fait beau et le Mont Blanc nous tend les bras. Du coup on se risque à demander une attente sur MOBLO, le point RNAV qui se situe juste à côté du sommet. Quitte à attendre autant profiter. Notre demande est acceptée et nous enroulons le Mont Blanc deux fois avant d'entamer notre approche.





On descend l'ILS 23 et en arrivant à 1000 ft sol on entre dans la couche, laissant le soleil derrière nous. Nous ne ressortirons sous les nuages que vers 300 ft sol dans la grisaille, sous les yeux de l'A380 qui trône sur le parking le long de la piste.

Dommage on n'aura pas vu de chamois...

mercredi 5 août 2009

Au ras du Mont Blanc

Ils sont gentils au radar de G'nève. FL180 (5500m, le niveau mini dans le secteur) vers le Mont Blanc, ça donne quelque chose comme ça: