vendredi 17 septembre 2010

C'est bon d'avoir du gras...

Le mois de juillet c'est toujours un peu difficile dans les cockpits... La plupart du temps quand on étudie un dossier météo il est constellé de TEMPO TSRA (Thunderstorm Rain) qui font qu'on a de fortes chances de se faire secouer sévère et/ou d'avoir à passer des heures à contourner des monstromulus balisant notre route. Bref c'est moyennement agréable...
Nous étions fin juillet, on partait à Bucarest (oui encore, j'ai passé mon mois de juillet entre Genève et Bucarest... En août c'était Athènes, en Septembre c'est Rome. Les aléas du planning...). Le matin au briefing, comme tous les matins depuis le début du mois on a regardé perplexes le PROB40 TEMPO TSRA du TAF de Bucarest. Là bas, le premier dégagement c'est Bucarest Baneasa, le deuxième aéroport de la ville, distant de 20Nm environ. Il va de soi qui si ça chie à Otopeni, ça chiera aussi à Baneasa. Nous prenons donc le pétrole pour le deuxième dégagement, Timisoara située à 220Nm de Bucarest, plus la louche qui va bien histoire de pouvoir réfléchir un peu avant de fuir en cas de pépin sur place.

Quelques heures plus tard je montre à Guillaume, le CdB, l'ATIS que je viens de copier. Les orages sont bien là, confirmant l'image que l'on voit sur le radar météo. A Bucarest il y a un doublet de pistes 08/26 (orientées sensiblement est/ouest donc). Il y a un cumulonimbus énorme qui s'approche du terrain par le nord, il apparaît bien magenta au radar (la pire couleur donc).
L'approche nous assigne l'ILS 08L, le plus au nord. Négatif madame, nous on préfère la 08R histoire de s'éloigner un peu! Il faut dire, ça fait un quart d'heure qu'on s'échine à éviter d'autres cellules, c'est pas pour aller se coller dans un orage en finale... Notre demande insistante est acceptée et on prend un cap d'interception, en descente vers 2500 pieds, le plancher de la procédure.
Bon... On est à 2500 pieds, alignés sur le localizer, sous la base des nuages. Dans nos 11 heures le ciel est noir. Je demande au contrôleur la situation sur le terrain, il nous répond qu'il commence à pleuvoir mais que l'orage est toujours au nord, et qu'il progresse rapidement. Boooooon... Au radar la tâche magenta arrive au niveau du terrain. On commence à se faire légèrement turbuler. Sur le PFD, la speed trend commence à s'affoler un peu. BAM! Là ça secoue sévère, les écrans deviennent flous, la vitesse fait un peu ce qu'elle veut... Et on n'est pas encore sous le nuage! On se dit qu'on n'est pas dans une situation d'avenir, impossible de tenir les éléments en finale, et en cas de remise de gaz ça nous amènerait directement au coeur du nuage. Autant dire NO WAY!!! Après quelques secondes de good vibrations, Guillaume annonce "On dégage au sud". Hop, on reprend l'avion en cap, on tourne vers le sud il fait beau là bas. On rentre les quelques traînées qu'on avait sorties et on demande à monter un peu pour réfléchir.

On s'éloigne d'une quinzaine de nautiques en montant vers 5000 pieds. On fait quoi maintenant? On a pris combien de pétrole sup? 1t2? Ca nous laisse 40 minutes pour attendre à peu près tranquillement avant de devoir partir à Timisoara, potentialité peu plaisante pour nous et nos clients. Il se passe quoi sur le terrain? "Heavy thunderstorm and rain" qu'il nous répond le contrôleur. On a bien fait de se barrer... On entend les ATR de TAROM qui dégagent les uns après les autres, eux ont probablement moins de marge pour attendre. De notre côté on attend sur un axe du VOR local en se faisant des branches de 15Nm, inutile de faire des hippodromes riquiquis où on tournerait tout le temps, il n'y a personne dans notre coin. A chaque fois qu'on se retourne vers le terrain, on pointe la position du nuage par rapport à l'ILS. Il passe doucement, puis commence à s'éloigner vers la ville. Au bout de 25 minutes on se dit qu'on va pouvoir y aller, rapidos de préférence. On reprend un cap d'interception, on descend, on configure l'avion, nous revoilà en finale. Devant nous, un aéroport détrempé qui brille au soleil. On se pose, pas une turbulence en finale.

Au bloc avec 30 minutes de retard, on trouve même des passagers pour s'en plaindre. Ca nous fait un peu rigoler en fait, on a fait notre boulot exactement comme on aurait voulu qu'un autre le fasse si on avait été client: on a anticipé la situation dès le briefing, on a pris de la marge, on a fui les mauvaises conditions quand on a pensé qu'elles étaient trop limites, on s'est posés avec encore de quoi remettre les gaz en toute sécurité, retenter une approche et éventuellement dégager vers un autre terrain. Bref on les a emmenés à bon port en toute sécurité et dans un délai raisonnable. J'aime bien...

lundi 6 septembre 2010

Green beams



Hier soir on était tranquillement en descente vers l'ILS 14R à Toulouse, il faisait beau, pas de vent, j'avais déconnecté le PA vers 8000 Ft, on était bien. La piste dans notre travers gauche, on vire pour intercepter l'axe, on est numéro 1, no stress. Non c'est vrai, c'est plutôt agréable ces approches de nuit. Sortie des traînées en séquence, Volets 1 190 Kts, le glide arrive, Volets 2 180 Kts, on descend sur le glide, les moteurs presque au ralenti. Le train sur sorti, les Volets 3, 160 Kts, les 5 nautiques arrivent... Du coin de l'oeil je vois un truc bizarre dans nos 10 heures. C'est quoi ce machin vert qui zigzague?? Nom de bleu!!! On est en train de se faire éclairer par un laser. Vous savez, ces petits machins en apparence inoffensifs et qui rendent dingues les chats? Et bien là un abruti (désolé y'a pas d'autres mots dans un registre poli) essaie de nous éblouir avec son truc. Je me focalise sur mon PFD pour éviter de prendre le faisceau directement dans la rétine. Quelques secondes plus tard le faisceau disparaît. Je fulmine de rage. Bon on a un avion à poser. Les volets 5, la Vapp, check-list avant atterrissage!

Ce n'est qu'une fois posés qu'on avertira la tour de ce qui est arrivé. En reponse on nous demande de rédiger un ASR (Air Safety Report) et de porter plainte, ce que nous ferons le lendemain matin après avoir passé la nuit à Toulouse (oui, c'est notre premier découcher de l'année, nous inaugurions la rotation GVA-TLS le soir tard et TLS-GVA le lendemain trop très tôt).

Juste comme ça... Depuis un peu moins d'un an, rien qu'entre Orly, CDG et Le Bourget la GTA (Gendarmerie des Transports Aériens) a recensé 600 cas de tentatives d'éblouissement de pilotes en phase d'approche. Ces lasers peuvent non seulement éblouir les pilotes et donc potentiellement générer un accident, mais ils peuvent également créer des lésions rétiniennes à ceux qui recevraient le faisceau directement dans les yeux.

Et pour les petits connards inconscients crétins qui voudraient s'amuser à faire ça, il y en a un qui s'est fait choper en région parisienne, il a pris 6 mois avec sursis. Aux Etats Unis qui sont décidément moins cons que nous en matière de sécurité aérienne, un rigolo qui s'amusait à faire ça en Californie a pris 2 ans et demi ferme.

dimanche 29 août 2010

Weather Storm

(Pour ceux qui ne connaissent pas l'excellent "Weather Storm" sur l'album "The Space Between Us" de Craig Armstrong)

Ce soit en rentrant de Larnaca (3:30 à l'aller, 4:15 au retour merci le salopard de jet au dessus de l'Italie) je pensais à Weather Storm lorsqu'on a croisé du côté de Split cette espèce de machin énorme qui faisait des éclairs partout. L'avantage c'est qu'on l'a vu venir, on voyait les éclairs à 150Nm!!



Ca me fait penser, il faut que je vous raconte mes quelques tours d'attente à Bucarest, après qu'on s'est échappés de sous un monstromulus bien joufflu!

mardi 27 juillet 2010

Et Hop!!

Au départ, on se croirait presque en automne. 15°c, des nuages, des prévisions de pluie... Et en plus c'est le week-end!

Il y a ça de bien avec ce boulot, c'est qu'on est presque sûrs de voir le soleil dans la journée. Et là on n'a pas été déçus. Une fois le train rentré, à peine quelques milliers de pieds plus haut...



C'est ce ptit gars là qui émergeait au loin:

dimanche 18 juillet 2010

Circumnavigating

Vous faites quoi vous quand vous vous retrouvez face à ça?



Bin nous on fait comme vous, on contourne. Et on contourne... Et on contourne... Et on contourne... Et on contourne... Et on contourne... Et on contourne... Bref ça n'en finit pas. Enfin heureusement du côté de Zagreb ça s'est amélioré, et on a pu finir à vue à Genève par CAVOK généralisé. Ca faisait longtemps que je n'avais pas volé avec un aussi beau temps d'ailleurs, on se serait crus à l'aéroclub. Bin j'vous l'dis, CA FAIT DU BIEN!!


vendredi 9 juillet 2010

Retour en ligne

Voilà, les vacances touchent à leur fin. Dimanche 11 je réattaque par un aller retour Bucarest histoire de se mettre un jambes avant un mois de juillet chargé.

Ca a quand même du bon de travailler en compagnie aérienne. A mon retour hier, alors que je me présentais comme GP dans l'A320 d'Air France, le CdB me proposait de venir faire un brin de causette durant le vol. Même pas eu besoin de demander, alors qu'il y a quelques années j'aurais vendu ma mère fait n'importe quoi pour aller faire un tour devant.
Aujourd'hui avec un peu de recul c'est très instructif de voir comment travaillent les autres. Autres procédures, autre philosophie, autre avion, alors qu'au final le réseau et la complexité du vol restent les mêmes. Et surtout l'agréable sensation d'être enfin considéré comme un collègue par les deux gallonés. Y'a pas à dire, on fait un boulot sympa!

jeudi 24 juin 2010

Ptite pause

Avant de passer l'été à transporter des vacanciers, je me prends deux semaines de vacances moi même. Donc si je ne poste pas, ce n'est même pas de la mauvaise volonté...

@ dans 15 jours

mercredi 9 juin 2010

En ligne (Avec les photos maintenant)

Arrivée aux Ops, j'explique à Guillaume le captain le petit projet de la journée

10:15 ça commence bien le postage des photos ne fonctionne pas...



Ha si tiens...



10:30 Tout l'équipage est là. 2:15 de vol dans les 2 sens, pas de vent aujourd'hui. De l'onde sur les Alpes, il fait beau

10:50 on part à l'avion, 2 équipages dans le bus c'est le bordel!! :-)



L'avion n'a pas encore volé, on démarre tout



11:30 Les mécanos ont pris possession du cockpit, tit problème sur le MCDU...



12:30 C'est réparé, on embarque, créneau dans 11 minutes ça va être cher...

12:40 exension a 10:45 on se casse. A tout a l'heure!

13:20 on rentre dans l'espace aérien allemand. Emilie la chef de cab' vient de nous appeller pour nous demander ce qu'on veut manger. En attendant on bronze avec une belle vue sur les Alpes, au FL370 et Mach 0.78. On est bien quoi...



14:00 On a terminé de déjeuner, on arrive sur le Balatonsee. Au loin apparaissent quelques CB's bien joufflus.





14:35 On évite les CB's on descend dans 30nm. On se revoit au sol





15:20 on est dans les cales, les passagers débarquent. 1h20 de retard à l'arrivée, ils sortent quand même avec le sourire. 'sont forts nos PNC quand même!
Tout le monde se presse autour de l'avion pour nous faire repartir le plus vite possible. Ça nous va, il fait 29 degrés et très lourd. Les CB's ne sont pas là pour rien...

16:10 En montée vers le FL360, les quelques CB de tout a l'heure ont fait des petits. On évite gentiment

16:30 Les cellules disparaissent alors qu'on sort de l'espace aérien Roumain. Devant nous il fait beau, on s'installe confortablement, encore 1:30 de vol

16:50 On retrouve le Balatonsee, au sud cette fois. Dans 20nm on tourne vers Zagreb puis l'Adriatique vers Venise.

15:10 Ptite météo en route grâce a l'ACARS, pour l'instant il fait beau. CAVOK à Venise, 110nm devant.



18:30 Arrivée au stand. Je prépare le vol je reviens

18:40 Le vol est prêt, les passagers embarquent. Désolé pas eu beaucoup de temps dans la descente, on se faisait pas mal brasser.
Je suis sur le tarmac histoire de prendre l'air, ça fait du bieeeeeen!

20:30 Toulouse!! C'est le ruuuush! Le temps de rien :-(

21:45 on est posés, enfin. A l'heure en plus mais on s'est battus pour y arriver, d'où le manque de posts. Je vous raconte tout ça un poil plus tard



ÉPILOGUE

22:40 Je suis sur ma terrasse, une bière dans la main. Quelle journée! Des turbulences sans cesse depuis qu'on a passé Venise au retour de Bucarest, pas le temps de souffler aux escales pour rattraper notre retard... Donc ni le temps ni la possibilité d'écrire ici. J'ai néanmoins pu prendre quelques belles photos et une vidéo sympa que j'essaierai de mettre en ligne demain.

Ce n'était vraiment pas la bonne journée pour mon petit projet. Vraiment désolé de ne pas avoir pu fournir plus, je m'organiserai différemment la prochaine fois s'il y en a que ça intéresse toujours.

En attendant, je profite du chant des grillons. Bonne nuit :-)

Une journée en ligne, c'est parti!

8:40 Bonjour à tous et bienvenue! Au programme aujourd'hui deux aller-retour depuis Genève, vers Bucarest d'abord puis Toulouse ce soir. Décollage 11:30 (Heure locale de Genève, UTC+2), retour 21:45.

Quelques règles du jeu:
1) Je ferai évidemment tout mon possible pour écrire le maximum durant la journée, les textes seront envoyés lors du départ, et aux escales de Genève et Toulouse. Il y aura donc un trou entre le premier décollage et le retour de Bucarest.
2) Bien évidemment, je n'écrirai que si les conditions le permettent (Météo, disponibilité etc...)
3) Les textes seront publiés sur cette page, dans un même post descendant.
4) J'essaierai de poster quelques photos en "direct", mais les qualités photo de l'iPhone étant limitées, les belles photos s'il y en a viendront ce soir une fois que j'aurai récupéré un ordinateur.
5) J'espère que vous aimerez :o)

Allez c'est parti, on se retrouve en salle de briefing dans 1h30 environ!

mercredi 2 juin 2010

Une journée en ligne



Cette nuit je me suis rappelé de cette vidéo faite par un pilote d'American Airlines où l'on voit, concentré en quelques minutes, un déroulé de sa rotation entre Boston et Paris. Ca m'a donné l'idée suivante: et si je faisais un récit d'une journée en vol, non pas en vidéo, mais sous forme d'un Twitter ou équivalent que je mettrais à jour tout au long de la journée, de la préparation des vols au retour à Genève? L'idée me paraît sympa, je sais que c'est une chose que j'aurais aimé lire quand je cherchais du boulot. Si vous aimez l'idée, laissez un commentaire sur ce post. Si j'en reçois suffisamment, on pourra parler de J-7 à compter d'aujourd'hui!!

(Et si quelqu'un a une solution technique pour faire ça avec des photos en live, qu'il se manifeste, je ne connais pas Twitter ni ses limitations)

lundi 24 mai 2010

Besoin d'un renseignement

Puisqu'il y a un peu de monde qui passe par ici... Est-ce que quelqu'un connaît un bon cours de photo par correspondance, ou mieux un vrai cours dans la région de Genève/France voisine?


lundi 17 mai 2010

C'est fou ce qu'on peut faire avec une seule piste...

Les Britons de Gatwick le font en tous cas (vidéo honteusement piquée sur l'excellent Aeroblog de ZePyAF)


mardi 4 mai 2010

Rock & Roll! (& Yaw, & Pitch!)

"France Inter il est 4 heures, le journal..."

Vol de reprise après une dizaine de jours d'arrêt (oui les vacances se sont bien passées, c'est gentil de demander...), au programme un aller-retour Bordeaux. Je prends mon café-METAR du petit matin:
LSGG 04/0250 (...) 030/18G28 FEW020 SCT030 BKN045
LFBD 04/0230 (...) 350/16 FEW033 BKN060

Bon... Ca achève de me réveiller, surtout que les TAF prévoient des rafales à 45 Kts à Genève. Connaissant la finale 05, on s'attend déjà à se faire secouer au retour. Allez c'est parti!

Au briefing, mon CdB m'assigne le vol aller.

Moi: Heu, si ça ne t'ennuie pas trop, je rentre de vacances je préfèrerais me remettre un peu dans le bain... Je pourrais faire le retour plutôt?

Lui: Heu, mais y'a du vent au retour

Moi: T'as pas confiance? :) (Grand sourire faussement provocateur)

Bref il cède sans que j'ai à insister plus que ça. 'Pas intérêt à jouer les Fangio moi...

C'est quand même marrant. On a beau commencer à avoir une certaine expérience sur l'avion, il vous suffit de dix jours d'arrêt pour que les automatismes soient beaucoup moins automatiques. Et vas-y que j'oublie de mettre l'auto-brake après la mise en route, et vas-y que j'annonce juste avant le décollage "Cabin crew, prepare for landi... Take-off", tout ça... Bon au moins on en rigole, c'est déjà ça.

Décollage en 05 Full patate power histoire de laisser le sol derrière nous le plus rapidement possible, et on grimpe... Vite, très vite. Les actions s'enchaînent, les turbulences se calment, tout va bien. Cette fois ci on est partis!

La croisière est ponctuée de demandes de reports de turbulence par quasiment tous les avions. On y apprend que tous les niveaux sont touchés au dessus du FL290, mais qu'a priori on devrait être plus tranquilles au dessus du FL330 (non parcequ'au 300 là, on se fait secouer sévère. Enfin, modérément si on applique la définition aéro, mais ça fait un peu léger à l'écrit). Demande du FL340 acceptée, et on sort enfin de la couche, à peu près au calme. On prend même le risque de détacher nos passagers, c'est dire...

3000 Pieds en vent arrière 05 à Bordeaux

"Baboo 235 would you accept a visual approach?"

On se regarde et on se rappelle que le contrôleur ne voit pas ce qu'on voit...

"Negative we are IMC"

"Roger descend 2000 Ft then and proceed standard arrival"

Bon on sait que 100 pieds plus bas ça va le faire vu l'épaisseur de la couche.

"Baboo 235 able visual approach"

Ptit tour de piste tranquille en Embraer 190 un matin de mai, on se fait plaisir comme on peut... Bon jusque là c'est facile, mais dans les derniers 1500 pieds ça se corse puisque le vent a forci et est maintenant quasiment plein travers pour une grosse vingtaine de noeuds. Rien de méchant mais il faut se battre pour maintenir les éléments. Et cette saleté d'automanette qui surcorrige... Hop A/T OFF ça devient plus joli à regarder.

Boudoum la roue gauche, boudoum la roue droite, on vacate rapidly à la demande de la contrôleuse, y'a un ERJ de Régio qui se pointe derrière.

On arrive au parking, "Au revoir Monsieur, au revoir Madame", bon on le prend ce ptit dèj'? Le coordo nous apporte la météo, le vent à Genève a forci, on s'y attendait. "On embarque dans 10 minutes?"

Quelques minutes avant l'embarquement on se rasseoit au poste pour briefer. Au moment où je m'asseois, ptit message de rien du tout à l'EICAS "SPDA Fault". Boooooooon. Déjà on arrête tout, l'embarquement qui allait commencer, tout ça... SPDA kezako? La série E-Jet est plutôt pas mal foutue, avec des ordinateurs de partout dans les soutes électroniques. On a notamment un module, le SPDA donc, qui gère la distribution électrique dans l'avion. Facile quand on connaît l'acronyme: Secondary Power Distribution Assembly. Bref y'a un 'blème avec la boîte qui balance le courant dans les tuyaux, ça suit derrière? Il dit quoi le bouquin des "Ground resets"? (Oui dans un avion électronique c'est comme avec un bon vieux PC, il suffit souvent de redémarrer. Je prédis la fortune à celui qui mettra des Mac's dans un avion) Bin, de faire un reset complet, justement:
Coupez tout, attendez 5 minutes et redémarrez.


(Traduction approximative et un peu raccourcie dudit bouquin)

Bon ben on coupe alors... J'en profite pour raconter à mon CdB la blague de l'acronyme EMBRAER (Every Mechanical Breakdown Requires An Electrical Reset).

Cinq minutes plus tard, le coordo pousse un soupir de soulagement, le message a disparu. Intérieurement je suis un peu déçu quand même, j'aime bien Bordeaux, je serais bien resté un peu. Mais on a un métier merde!

Repoussage à l'heure, on se casse, cette fois c'est moi qui joue. Pendant le roulage je vois un Beech 36 qui décolle et qui se bat méchamment dans la turbulence. Bon courage les gars.

Une fois alignés, je récupère les commandes et on y va, full patate power again, y'a pas de raison! Tout aussi vite qu'à l'aller, on égrenne les actions et les checklists au rythme infernal du vario. Ça fait un peu plaisir, quand même!

Début de descente vers Genève. On a attaché les passagers en avance, les hôtesses sont sanglées sur leur jumpseat, cramponne yourself (© JD)!

"Baboo 236 expect NON straight-in approach"

Ha? On fait tout le tour alors? Bin zut alors... 'faut dire, y'a le salon EBACE à Genève et nos écrans sont constellés de plots TCAS. Donc on prend un ticket et on se met dans la file, comme tout le monde.
Quinze minutes plus tard, on y arrive. 20 Nm en finale 05, 160 Kts on se fait secouer comme un petit pois dans le sifflet d'un flic (oui, j'aime bien les expressions de Darolles, j'y peux rien...). La vitesse qui fait un peu ce qu'elle veut, le PA qui tente tant bien que mal de tenir l'ILS. Ce qui est bien au moins (sic), c'est qu'à 160 Kts jusqu'à 4Nm (demande standard de l'ATC ici) ça dure longtemps... Bon y'en a marre, AP OFF, A/T OFF, j'vais vous stabiliser tout ça moi! (là le PA se marre, parceque comme tout bon PA il sait mieux faire que moi)
1000 pieds, je me bats comme un damné, du coin de l'oeil je vois le manche côté CdB qui fait une mayonnaise pas croyable.
"Thirty, twenty, ten"
Pas d'arrondi, on a pris 20Kts d'incrément de vitesse (le maxi sur E-Jet), l'avion floooooootte. "Pose toi bordel!" (Non ça ne vient pas du côté CdB, c'est juste moi). Là, évidemment, le kiss... "j'te jure j'l'ai pas fait exprès" (surtout que généralement par CAVOK et vent calme je me vautre lamentablement).

En sortant du poste pour aller saluer nos passagers, j'ai quand même droit à une franche poignée de main de mon CdB qui me félicite. C'est peu de choses mais ça fait plaisir quand on s'est battu comme ça. Et puis quelque part j'ai un peu gagné sa confiance aujourd'hui...

dimanche 2 mai 2010

Quand ce n'est pas le volcan...

... ce sont les vacances qui prennent le relais pour m'empêcher de voler. Reprise des vols dans deux jours en ce qui me concerne, avec j'espère un ou deux trucs à raconter.


mardi 20 avril 2010

Qui a dit "grounding"?

C'est quand même un peu le blues... Depuis vendredi soir, plus de vol à l'arrivée ou au départ de Genève. Pas que de Genève d'ailleurs, puisqu'une bonne partie de l'espace aérien européen est fermé aux vols commerciaux. Vols annulés, passagers en souffrance loin de chez eux, ça prendra des jours, voire des semaines avant que tout rentre dans l'ordre. Encore faudra t-il que le volcan au nom imprononçable pour les non islandophones se calme et arrête de nous balancer de la cendre par paquet de 12!

Bref on est tous tankés au sol, ceux qui ont de la chance à leur base. Et on attend la peur au ventre, que la situation se normalise avant que nos compagnies se cassent la gueule. Comme si on avait besoin de ça...

Une petite photo de la flotte Long Courrier Lufthansa stockée à Francfort: http://www.airliners.net/photo//1687388/L/

Petite analyse d'Olivier sur les 10 années de crise écoulées: http://lj35.blogspot.com/2010/04/2001-2010-le-sort-sacharne-sur-le.html

dimanche 4 avril 2010

Pascaaaaaaal, c'est dimanche!!

5h du mat'

France Inter il est 5 heures, les informations...

Un oeil s'entrouvre. On est quel jour déjà? Pourquoi il sonne ce réveil? Je vais où déjà?

Petit déjeuner, café (le premier), douche, uniforme... Les idées se remettent en place lentement. L'été est encore loin, il fait encore nuit quand je sors et la route est trempée des giboulées de la nuit. Encore besoin de chauffage dans la voiture...

Allô Arnaud? En bas de chez toi dans 2 minutes!

L'avantage de voler avec un captain qui est aussi un ami... Tout à coup l'esprit s'anime, les vannes sortent, on part voler entre potes!

Arrivée au dispatch, météo, plans de vol, pétrole, bisou aux hôtesses, on est partis!

Réveil de l'Embraer, qui aurait bien terminé sa nuit lui aussi. Brrrr qu'il fait froid! Vite l'APU!

Préparation du poste, briefing, accueil des passagers pour Bordeaux... Un café? Damned on n'a pas encore d'eau potable à bord! Un coup de radio un peu pressant, on remplit le réservoir et on repousse.

Baboo 235 contact Marseille 127,9

Enfin on perce la couche en passant le FL240, il était temps. Aurélie arrive au poste avec deux espressos (espressi?), ça sent bon!

IberTaxi 204 contact Marseille 135,xx (?)

Moi: Heu, Olivier?

Olivier: Salut Dan!

Ca fait plaisir, d'autant que quand Olivier m'a quasiment raccroché au nez hier soir c'est parcequ'il venait d'être déclenché pour un transport d'organe. J'avais juste eu le temps de lui dire que je volais le lendemain matin, et le voilà à la fréquence, alors qu'il fait son 3è jour de vol d'AEL!

Au loin on distingue quelques têtes bourgeonnantes. On a beau avoir préparé le vol et savoir qu'elle seront là, on espère toujours... Evitement à gauche, passage sous une petite cellule à peine grise, finale 23. Au nord-ouest du terrain une cellule nettement plus grise (enfin rouge, vue sur le radar) et nettement plus grosse s'approche rapidement. Boudoum Boudoum, Arnaud pose l'Embraer et on roule vers le parking. Le temps d'ouvrir la porte, il pleut à grosses gouttes, il était temps de se poser...

Le temps de préparer le vol retour, le soleil innonde le cockpit, ça fait du bien... Hop un autre espresso, c'est qu'on a un autre vol à assurer! Surtout que là c'est mon tour de jouer!

Décollage en 23, départ SAU6A (vers le VOR de Sauveterre en Lozère). Virage à gauche, puis à droite (hop une tête de cumulus), puis à gauche. Le contrôleur doit être malade de nous voir zigzaguer, direct GONIM! C'est tout droit ça nous arrange... Montée vers le FL320, je m'installe confortablement dans mon siège, réchauffé par le soleil presque de face. Vous avez déjà eu cette sensation de batterie qui se recharge? C'est exactement ça...

Une demie heure de bronzette plus tard (pilote c'est un métier...), alors que nos passagers-clients s'échinent à trouver les friandises qu'Arnaud et Aurélie ont caché dans la cabine (oui c'est Pâques), il est temps de descendre et de demander à tout ce beau monde de se rasseoir d'un coup de ding-dong et d'une annonce annonçant la fin de la chasse aux oeufs.

J'aime bien l'approche en 23 à Genève, c'est toujours un challenge de jouer avec le trafic pour lisser une trajectoire. Je l'ai déjà dit non? Enfin tout ça pour dire que comme c'est dimanche, je joue à me croire à l'aéroclub et je débraie tous les automatismes pour ma dernière approche avant mes vacances. Arnaud m'a fait mon AEL, il a l'habitude de mes conneries donc il laisse faire. Posés pas cassés (enfin pas l'avion en tous cas), on roule vers le parking.

Tit resto?

C'est parti!

Histoire parallèle: http://lj35.blogspot.com/2010/04/une-nuit-en-mission-organes.html

PS: cette fois cet imbécile de copi n'est qu'à moitié à blâmer. L'appareil photo est pété!

dimanche 14 mars 2010

Nocturnes printanières

Il y a des jours comme ça... Aujourd'hui deux aller-retours prévus, Toulouse d'abord, Rome ensuite. Arrivée bien en avance à l'aéroport, Salon de l'Auto oblige (ouf c'est le dernier jour!!), le temps de prendre un café avec le commandant Pascal et de s'extasier sur la météo printanière. Rien sur les cartes météo, rien sur les TAF/METAR, on va enfin pouvoir passer une rotation sans se faire trop secouer.

L'aller retour vers Toulouse est un non-évènement, si ce n'est que Pascal expérimente la descente CDA (Continuous Descent Approach), c'est redoutable. Aucun palier entre le FL350 et le sol, les moteurs restés au ralenti presque tout le long apprécient. Retour à Genève c'est à moi d'avoir droit de jouer, si ce n'est que c'est tout droit puisqu'on se pose en 05. En revanche la vue sur les Alpes enneigées et ensoleillées est splendide.

Arrivée au stand, on repart dans la foulée vers Rome, les Alpes nous attendent et nous faisons route vers la capitale italienne. Peu de monde ce soir, nous sommes relativement libres de notre trajectoire, qu'on arrive donc à lisser pour une descente presque continue. Ca fait plaisir, de rien patron! On se pose alors que le soleil effleure l'horizon. Plaisir des soirées printanières (oui on s'y croit vraiment), couleurs méditerranéennes...



Retour de nuit, je m'essaie à la photo nocturne sans trépied. Oui je sais c'est flou, merci... Mais j'aime bien le résultat...



Un passager a oublié un National Geographic dans l'avion. Chouette j'adore (et d'ailleurs je viens de me rendre compte que je l'ai moi même oublié dans le cockpit. Ca fera plaisir au copain demain matin. Mais quel c$¨£$%!!!!)!


vendredi 5 mars 2010

Close call



"Close" est peut être un peu exagéré, on avait quand même 1000 pieds d'écart. L'avantage du TCAS c'est qu'on voit arriver les ptits copains... Mais encore faut il avoir un appareil photo à portée de main et pas seulement un téléphone. Imbécile de copi!! (décidément)

Retour de Rome, fin de l'hiver, jusqu'à 120 noeuds (220 km/h) de vent de face, mais un ciel d'un bleu... J'adore...

mercredi 17 février 2010

Décollage de nuit



Décollage de Nice ce soir. Le genre d'image que personnellement j'ai rêvé de voir pendant des années, ça fait plaisir de partager maintenant...

Une petite explication quand même. Nice possède deux pistes. D'une manière générale la 04L est réservée aux atterrissages et la 04R aux décollages. Là nous étions alignés en 04R, et nous attendions qu'un avion se pose en 04L. En effet la remise des gaz impose un virage vers la droite, donc une trajectoire conflictuelle avec un avion au décollage. Pour cette raison, lorsqu'un avion est en finale les décollages sont interrompus jusqu'au toucher des roues de l'avion qui se pose. Nous avions donc un peu de temps pour prendre une photo...

mardi 16 février 2010

Nuits hivernales

Parmi les avantages qu'il y a à vivre près d'une montagne, il y a notamment la possibilité de passer une bonne partie de la journée sur les pistes de ski avant d'enfiler son uniforme pour aller voler. Comme mon vol pour Toulouse ne décollait qu'à 18:30, je me suis dit que j'allais monter prendre l'air et prendre quelques photos énervantes...


Bref en redescendant je me suis remis dans la peau du copilote, histoire d'emmener nos estimés clients à Toulouse sans trop de casse. Départ quelques minutes en avance pour ce vol de 50 minutes qui doit nous faire passer à la verticale de Lyon, au sud de Clermont Ferrand, et à la verticale de Mende avant de se poser en piste 14 à Toulouse.


Nous décollons donc en piste 23 à Genève, peu de temps après que le soleil est passé sous l'horizon. En passant la Montagne de Vuache, l'horizon nous apparaît d'un rouge sang éclatant, que cet imbécile de copi (toujours lui décidément) n'a pas pu immortaliser de manière correcte, son appareil photo étant resté au chaud sur son bureau.




Je ne sais pas si c'est l'émotion, mais on distingue très vaguement sur la photo un point blanc, c'est la Lune qui tremblait de nous voir arriver... Hum...

Le sort (par là j'entends le choix du Commandant de Bord) en ayant décidé ainsi, m'échoit la charge de piloter au retour. Nous décollons en 14L et entamons rapidement un large virage vers Mende, en montant vers notre niveau de croisière. Ce soir Bordeaux Contrôle est coopératif (comme souvent d'ailleurs) et nous autorise à monter au dessus de notre niveau de vol déposé. De pas grand chose cela dit, un Jet provoquant des turbulences aux niveaux supérieurs. C'est dont au FL300 que nous faisons route vers Lyon, en admirant le ciel particulièrement étoilé ce soir. Les fréquences s'enchaînent, Marseille nous fait anticiper la descente (comme toujours dans ce sens là), et nous libérons nos 30000 pieds vers un FL230, puis 200 en passant Chambéry.

Je dois avouer que j'aime bien les vols retour vers Genève. Avec le temps, il devient plus aisé d'optimiser l'approche en prenant à chaque fois de moins en moins de marge de manière à lisser la trajectoire. Et ce soir je m'y applique particulièrement, échaudé par le temps magnifique et le contrôle qui nous laisse relativement libre de notre vitesse. Je joue donc de la pente et des speedbrakes pour maintenir une descente continue jusqu'à l'ILS. En vent arrière le contrôle nous raccourcit et nous fait virer en base rapprochée en nous autorisant à une altitude plus basse que l'altitude normale de capture du glide (normalement c'est 7000 pieds à 17,7 Nm du seuil). En descente donc vers 4000 Ft, nous prenons un cap 250 et sommes autorisés à l'approche. Le loc approche, nous sommes pile sur le glide, je prends une pente de 3° pour rester dessus, le loc rentre... STRIKE!!!!! Rhaaaaaaaah lovelyyyyyyyy!!!!!

Certes c'est peu de choses, mais un ILS intercepté pile poil, la vitesse qui décroit régulièrement jusqu'à la configuration atterrissage tout ça presque sans avoir ajouté de puissance depuis le niveau de croisière... Ca fait plaisir, même si c'est ce pour quoi nous sommes payés, finalement. Vous vous rendez compte? Etre payés pour se faire plaisir!! Si seulement j'avais su à quel point...

samedi 30 janvier 2010

Réflexions...

Le lendemain nous sommes effectivement allés à Nice et effectivement il faisait beau. Certes cet imbécile de copilote n'a pas pris de photo, trop occupé à peaufiner son approche à vue, mais il n'en a pas moins ressorti une "vieille" photo prise au décollage de Nice après un tour au dessus de la baie. Moi j'aime bien...



Ce jour là le vent ne nous laissait pas avancer vers Athènes. Mais la ténacité suisse vous connaissez? On y est A-RRI-VÉS! Pour ceux qui ne savent pas lire un display Embraer, le vent c'est la petite flèche verte avec marqué "143" à côté. Là nous avions donc un vent presque de face pour 143 noeuds (soit 265 km/h).

Edit: Les ptits malins auront remarqué que nous avons là un cap vers l'ouest, que nous sommes donc de RETOUR d'Athènes. Mais vous chipotez là franchement, vous n'êtes pas raisonnables...



A propos d'Athènes, voilà ce qui arrive quand on se pose en avance et qu'il fait soleil et 17°c en plein mois de janvier. C'est la nonchalance...



Il y a ça de bien avec l'hiver, c'est qu'on a des couchers de soleil MA-GNI-FIQUES. Alors entre deux turbulences, on se prend à vouloir capturer ce genre de choses...



D'ailleurs si je me souviens bien, ce p'tit gars nous a fait l'intérieur alors qu'on revenait d'Athènes, justement. Facile, il volait plus bas le bougre! (Pour ceux qui se demandent c'est un Embraer Legacy)



Pour terminer, puisque les USA mettent de côté la (re-)conquête de la Lune (bouh le faux prétexte) nous on s'amuse à la photographier du plus près possible. Bon là c'était à 23000 pieds donc on aurait pu faire plus près. Enfin on fait avec ce qu'on peut hein...


vendredi 22 janvier 2010

Plus d'attente à Genève

L'A380 est reparti, on peut donc recommencer à jouer tranquilles. Du coup ce matin je me suis dit (enfin on me l'a surtout demandé avec insistance) que j'allais repartir à Rome. Mais comme il n'y avait pas de brouillard alors que c'était prévu comme ça, on s'est dit qu'on allait laisser jouer les mécanos pendant 1h30 avec notre avion histoire de justifier le petit dej' tranquille dans la cabine avec les hôtesses.

Bon allez c'est pas tout ça, mais l'avion est réparé, les passagers embarqués, la brume dissipée (enfin transformée en plafond bas), maintenant il faut décoller. Décollage auquel je m'applique d'autant qu'on emmène un mécano avec nous dans le poste. 600 pieds floutch dans la couche. Booooooon... Et hop 1500 pieds plus haut on trouve le soleil et les Alpes blanches qui justifient à eux seuls le réveil à 4:45 ce matin.

Virage à droite, puis à gauche pour longer le Mont Blanc, encore lui...



Manifestement, d'autres ont eu moins de courage et ont préféré faire demi tour...



En arrivant sur l'Italie, la plaine est couverte d'une épaisse couche de brouillard, on ne verra rien jusqu'à Florence. Seule Gênes émerge doucement.



Arrivés à Rome, l'escale fonctionne évidemment au rythme habituel. Malgré cela on arrive à se dépêtrer et à tenir notre créneau. Décollage en 25 face à la mer, et direction Florence. Notre demande de raccourci est acceptée par le contrôleur romain qui nous autorise à faire route sur AOSTA, tout au nord de l'Italie. Logiquement, nous retrouvons le même paysage qu'à l'aller, en photo inversée cette fois...



De l'autre côté des Alpes, le bassin lémanique nous apparaît sous les nuages. Le Salève émerge à peine...



C'est toujours la 05 en service, la Montagne de Vuache joue avec le vent et les nuages pour donner l'impression que la couche se déverse dans la plaine.



Nous arrivons finalement en finale à Genève après avoir traversé une fine couche qui filtre le soleil. Dommage...



Allez demain Nice, il paraît qu'il va faire beau!

jeudi 21 janvier 2010

Attente à Genève

Aujourd'hui c'est la fête à Genève! Le géant A380 vient poser ses roues pour la première fois à Cointrin pour tester les installations, on se croirait à un meeting aérien avec des dizaines de spotters, des parkings réservés, des accès VIP tout ça...

Nous en attendant on bosse, et on emmène nos passagers à Rome. Ce que ne savent pas nos passagers du retour, c'est qu'Airbus fait bien les choses. Pour tester leur avion, ils ont commandé un brouillard à trancher au couteau pour leur arrivée. Eux ça les amuse peut-être mais nous ça nous fait prendre un créneau d'une heure au départ de Rome. Enfin il fait beau et le soleil tape directement sur ma fenêtre, que je m'empresse d'ouvrir pour me sentir déjà au printemps. Bref, on finit par s'extirper du bourbier fumicinien.

En arrivant au point AOSTA qui marque la frontière entre les FIR milanaise et suisse, Swiss radar nous envoie attendre sur le point GOLEB, juste à l'est du Mont Blanc, et nous donne une HAP (Heure d'Approche Prévue) vingt minutes plus tard. Avec le CdB JP on se regarde et on se dit qu'on aurait mieux fait de ne pas se presser... Mais quoi qu'il en soit il fait beau et le Mont Blanc nous tend les bras. Du coup on se risque à demander une attente sur MOBLO, le point RNAV qui se situe juste à côté du sommet. Quitte à attendre autant profiter. Notre demande est acceptée et nous enroulons le Mont Blanc deux fois avant d'entamer notre approche.





On descend l'ILS 23 et en arrivant à 1000 ft sol on entre dans la couche, laissant le soleil derrière nous. Nous ne ressortirons sous les nuages que vers 300 ft sol dans la grisaille, sous les yeux de l'A380 qui trône sur le parking le long de la piste.

Dommage on n'aura pas vu de chamois...